Les peuples veulent voter, qu'on respecte les Droits humains et ceux des minorités. La preuve par Hong Kong, mais aussi Alger, Khartoum, Moscou...

Manifestations à Hong Kong, à proximité des bâtiments du gouvernement le 5 août 2019
Manifestations à Hong Kong, à proximité des bâtiments du gouvernement le 5 août 2019 © AFP / EyePress News / EyePress

La situation à Hong Kong semble échapper à tout contrôle avec des scènes d'émeutes urbaines et une grève générale inédite dans l'histoire du pays, des affrontements très violents entre manifestants et forces de l'ordre mais surtout, ce qui est dangereux et assez nouveau : des agents provocateurs dont on peut soupçonner qu'ils sont à la solde de Pékin.

Il s'agit de quoi ? De civils armés qui, tout à coup s'en prennent aux manifestants ; de conducteurs de voitures de ville qui, tout à coup, foncent sur les rassemblements – il y en a deux deux rien que dans la journée d'hier.

Or c'est une méthode bien connue, en Amérique latine notamment : des « miliciens » armées se mêlent aux policiers pour « casser » de l'opposant. Une méthode qui a été perfectionnée à Moscou, où l'on a retiré leur uniformes à des militaires réguliers.

Pour les rhabiller en « petits hommes verts » ou en « miliciens pro-russe » dans le Dondass ukrainien ou en Crimée. L'idée est toujours la même : susciter le chaos en les opposants ou les armées régulières à se méfier de tout et de tous, badgés ou non.

Les manifestants de Hong Kong n'ont pas été dupes de ces méthodes...

Laissez-moi d'abord vous dire toute l'admiration que j'éprouve pour cette belle jeunesse honkongaise, rapidement rejointe par l'ensemble de la population de l'ancienne enclave britannique. Une population qui résiste, encore et toujours, à un régime orwélien.

Partout, on essaie de nous faire croire que la démocratie et les Droits de l'homme seraient relatifs. C'est faux et la révolte démocratique hongkongaise le démontre tous les jours dans la rue. Comme à Alger, à Khartoum ou même à Moscou :

Les peuples veulent voter et que l'on respectent leurs droits et partout, ils se regardent et s'inspirent les uns des autres. Cela fait une dizaine de semaine que les Hongkongais manifestent sans interruption, comme les Algériens avant eux ou les Soudanais.

Il y a tout de même quelque chose de très spécifique à Hong Kong : la modernité technique ! Les jeunes hongkongais utilisent des lasers pour aveugler les policiers chinois qui tentent de les photographier.

Ils ont organisé des « commandos » spécialisés contre les bombes lacrymogènes, d'autres pour évacuer les blessés, ils multiplient les vêtements les équipements bigarrés pour étourdir d'informations les forces de l'ordre. Ils sont déterminés et organisés.

Qu'ont-ils à y gagner ?

Ils peuvent faire mieux : faire perdre la face au régime chinois. Il faut comprendre que la Chine n'est pas un empire tranquille. Lorsqu'on regarde de près, il est perclus de manifestations et de grèves : des dizaines de milliers par an dans tout le pays.

Mais à Hong Kong, se joue plus grave. Hong Kong c'est le cœur financier de la Chine, pour les « princes rouges » comme pour les Occidentaux qui veulent y investir. En brisant cette image de stabilité, les manifestants font un mal de chien à Pékin.

Il mettent le régime devant une équation impossible : soit intervenir militairement et ruiner pour longtemps leur image – à la façon de Tiananmen – soit temporiser est passer pour faible : un horreur pour un régime impérial. En cela, les magnifiques manifestations de Hong Kong ont déjà remporté la partie !

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