On le sentait depuis la mort de Yasser Arafat. Les choses bougeaient depuis un mois au Proche-Orient mais, maintenant, cela bouge tant que cela s’entend dans les micros. Jeudi, Hosni Moubarak, le Président égyptien, déclare, devant la presse de son pays : « Ariel Sharon est capable d’œuvrer pour la paix et de trouver une solution s’il le veut. Si les Palestiniens n’arrivent pas à réaliser une avancée sous son ère, il sera difficile d’en réaliser une dans l’avenir ». Samedi, le Président Pakistanais, Pervez Musharaff, sort de la Maison-Blanche en disant : « Le Président Bush a lui-même dit que le cœur du combat contre le terrorisme était la résolution de la question palestinienne » et Georges Bush ajoute : « J’ai assuré le Président Musharraf qu’il existait une occasion à portée de main de travailler à l’établissement d’un Etat palestinien et à la paix au Proche-Orient. Je lui ai dit que ce serait une priorité de mon gouvernement ». Hier, matin, dimanche, en échange de la libération de six étudiants égyptiens accusés d’avoir préparé des attentats en Israël, l’Egypte libère un espion arabe israélien condamné à quinze ans de travaux forcés en 1997. Dans la foulée, Ariel Sharon appelle Hosni Moubarak, le remercie des ses propos de jeudi, lui dit qu’il est « convaincu qu’ils pourront ensemble parvenir à de grands résultats dans l’intérêt des générations à venir » et le président égyptien lui répond : « Je suis absolument d’accord avec vous et je le dis en toute sincérité ». Deux heures plus tard, c’est au tour du ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer d’affirmer, après un entretien avec les dirigeants palestiniens, qu’il « se peut qu’il y ait une chance historique d’aller vers un accord sur la base de deux Etats. Il va y avoir, ajoute-t-il, un cessez-le-feu durable qui permettra de stopper le terrorisme et la violence ». Quand tant de déclarations concordent, ce n’est évidemment pas par hasard. La raison en est que disparition de Yasser Arafat et échec de sa propre politique, Ariel Sharon s’est maintenant décidé à ne pas mourir sans avoir conclu un règlement global avec les Palestiniens, qu’il en a fait part à plusieurs capitales dont, évidemment Washington, que Georges Bush a compris tout l’intérêt, historique et irakien, qu’il aurait à favoriser cette tentative et que la nouvelle direction palestinienne s’est convaincue de la réalité de ce changement. Le changement est là mais peut-il vraiment déboucher sur la paix ? Oui, peut-être, mais à quatre conditions encore bien loin d’être remplies. La première est qu’Ariel Sharon parvienne - cela devrait se jouer cette semaine -à convaincre son parti d’accepter la formation d’un gouvernement d’union nationale avec les Travaillistes. La deuxième est que le successeur désigné de Yasser Arafat, Mahmoud Abbas, remporte la présidentielle palestinienne de janvier. La troisième est que l’évacuation israélienne de la Bande de Gaza qui aurait alors lieu dans les mois suivants ne débouche pas sur de nouvelles attaques contre Israël. La quatrième, enfin, serait que les négociations qui s’ouvriraient ensuite puissent aboutir mais le fait est que ce ne serait plus le plus difficile car les termes d’un règlement sont connus depuis décembre 2000.

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