Qu’on se moque de lui à Londres ou que son avocat aille en Ukraine, tout ce qui entoure Donald Trump joue désormais dans le climat autour de la procédure de destitution. Avec le risque de le voir surréagir pour avoir l’air de remporter des succès internationaux.

Donald et Melania Trump à leur retour de Londres le 4 décembre 2019. Dans l’avion, le Président a défendu son bilan au Sommet de l’OTAN et attaqué ces « bons à rien » de démocrates qui veulent sa peau
Donald et Melania Trump à leur retour de Londres le 4 décembre 2019. Dans l’avion, le Président a défendu son bilan au Sommet de l’OTAN et attaqué ces « bons à rien » de démocrates qui veulent sa peau © AFP / Erin Scott / Consolidated News Photos / dpa Picture-Alliance

Donald Trump est revenu très remonté du Sommet de l’OTAN à Londres, et ça se voit sur son compte Twitter. En survolant l’Atlantique, il a tweeté en rafale contre ces « bons à rien de démocrates » -c’est comme ça qu’il les appelle-, qui ont franchi hier une étape décisive sur la voie de sa destitution, au moins à la Chambre des représentants qu’ils contrôlent – au Sénat à majorité républicaine, c’est une autre affaire.

Trump a vanté ce qu’il a accompli à Londres : « aucun président n’en a fait autant en si peu de temps », a-t-il osé écrire à ses 67 millions d’abonnés. Si Donald Trump allume les contrefeux, c’est que le Sommet s’est plutôt mal passé pour lui, et que tout ce qui l’entoure, n’importe où dans le monde, est désormais utilisé pour l’affaiblir dans la procédure de destitution.

Ainsi, Joe Biden, son rival démocrate, a produit en moins de 24 heures un clip utilisant la fameuse vidéo volée dans laquelle on entend le premier ministre canadien Justin Trudeau se moquer de Trump. L’Amérique de Trump est un sujet de plaisanterie à l’étranger, suggère Biden, quand le président dit qu’elle n’a jamais été autant respectée.

En fait, toute la procédure de destitution est basée sur les pressions exercées par Donald Trump sur le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour qu’il enquête sur Joe Biden, le possible candidat démocrate. 

L’affaire ukrainienne reste centrale, et les Américains se demandaient hier ce que faisait encore à Kiev cette semaine l’avocat  de Trump, Rudy Giuliani, personnage-clé du dossier. Elle pèse d’autant plus que le président ukrainien est engagé dans une partie délicate avec la Russie : Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine seront lundi à Paris pour une rencontre avec la France et l’Allemagne, pour tenter de sortir de l’impasse le conflit russo-ukrainien.

Les opposants au président ukrainien redoutent qu’à cause du scandale américain et d’un moindre soutien des États-Unis, Zelensky ne fasse trop de concessions à Poutine. Une tempête à Washington peut avoir des conséquences à l’autre bout du monde.

Donald Trump n’a qu’une seule priorité, repousser l’assaut démocrate et gagner l’élection l’an prochain. La politique étrangère n’est qu’un instrument à sa disposition.

Sera-t-il amené à prendre des décisions internationales parce qu’elles l’arrangent aux États-Unis ? C’est plus que probable, même s’il évolue dans les contraintes du système américain qui ne le laisse pas faire n’importe quoi.

Un premier test pourrait venir de Corée du nord, où son « ami » Kim Jong-un menace de rompre le contact avec Washington. Il s’est rendu cette semaine sur un cheval blanc dans une montagne sacrée, signe d’une décision importante à venir avant la fin du mois. Comment réagira Donald Trump dont c’était une des grandes initiatives diplomatiques ? Beaucoup redoutent qu’il surréagisse…

Assiégé chez lui, Donald Trump est contraint au succès à l’extérieur. Même quand ce n’est pas le cas.

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