Georges Bush a pris des vacances, dix jours dans son ranch du Texas, mais, revenu, hier, à Washington, il a maintenant devant lui des mois difficiles - l’Irak, bien sûr, mais pas seulement l’Irak L’heure de vérité sonnera le 27 janvier. Ce jour là, Hans Blix, le chef de la mission d’inspection des Nations-Unies en Irak, présentera ses premières conclusions au Conseil de sécurité. Si les inspecteurs de l’Onu déclarent avoir des raisons de soupçonner que Saddam Hussein ne joue pas franc-jeu, s’ils en présentent, a fortiori, la preuve, tout est à peu près simple pour Georges Bush. Il n’y aurait plus, dans ce cas-là, de membres du Conseil pour s’opposer à une action militaire contre l’Irak, beaucoup, sans doute, s’y joindraient même, et les troupes américaines étant déjà sur place, prêtes à passer à l’action, la Maison-Blanche n’aurait plus qu’à donner l’ordre d’attaquer, dans les jours ou le mois suivant, avant que les grandes chaleurs ne rendent une intervention difficile. L’ennui, pour Georges Bush, est qu’il est plus probable que le rapport de Hans Blix constate que les Irakiens n’ont rien fait pour contrarier les inspections et qu’elles n’ont pas permis de déceler quoi que ce soit de suspect. C’est le plus probable à ce jour car, à ce jour, les inspections se déroulent sans problème et ne laissent rien voir d’inquiétant. Sauf coup de théâtre, évidemment possible, les Etats-Unis se trouveraient alors isolés, convaincus que Saddam a roulé l’Onu, décidés à le renverser malgré tout, mais condamnés à intervenir dans la réprobation ou les plus expresses réserves de l’Europe, du monde musulman, de la Chine et de la Russie. Car si la mobilisation américaine se poursuit, si les Etats-Unis concentrent leurs troupes autour de l’Irak, la France vient de prendre la présidence du Conseil de sécurité ; l’Allemagne lui succédera en février ; le Premier ministre turc fait le tour du Proche-Orient pour mettre en garde contre cette guerre et les dangers d’éclatement de l’Irak ; Moscou, aussi, hausse le ton, dénonçant les « verbiages » de Washington, rendant hommage à la bonne volonté irakienne et déclarant, d’avance, « illégitimes et injustifiées » des actions militaires qui n’auraient pas été autorisées par l’Onu. A moins que Saddam Hussein ne soit pris la main dans le sac d’ici le 27 janvier, la partie ne sera pas facile pour Georges Bush et cela d’autant moins qu’il a, parallèlement, deux autres problèmes à résoudre. Demain, mardi, il doit présenter un plan de relance économique que les Démocrates dénoncent déjà comme « une mauvaise idée, prise au mauvais moment pour aider les mauvaises personnes ». Au-delà d’un petit habillage social, ce plan prévoit en effet de nouvelles baisses d’impôt, par définition favorables à ceux qui en paient le plus. Mal à l’aise sur l’Irak, les Démocrates montent au créneau sur l’économie, pleins d’allant, unis, plaçant Georges Bush sur la défensive alors même que, second problème, la Corée du Nord le fait purement et simplement chanter. Aux abois, les dirigeants nord-coréens veulent obtenir une aide des Etats-Unis et des assurances sur la pérennité de leur régime. C’est pour cela qu’ils ont annoncé à grand fracas la réactivation de leur secteur nucléaire obligeant la Maison-Blanche soit à céder à une menace, soit à courir le risque d’avoir à gérer deux crises, voire deux guerres, simultanées. Ce mois sera long.

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