près de 126.000 morts en syrie, selon l'osdh
près de 126.000 morts en syrie, selon l'osdh © reuters
**C’est une catastrophe annoncée qui prend chaque jour plus d’ampleur. Jour après jour,[ le conflit syrien](http://www.franceinter.fr/dossier-syrie-un-pays-en-guerre) s’étend maintenant aux deux pays voisins, le Liban à l’ouest, l’Irak à l’est, dans ce qui devient désormais une guerre de religions opposant les deux grandes branches chiite et sunnite de l’islam et leurs chefs de file respectifs, l’Iran et l’Arabie saoudite.** Au Liban, [un attentat a fait, jeudi dernier, cinq morts et de nombreux blessés dans les quartiers sud de Beyrouth,](http://www.franceinter.fr/depeche-une-voiture-piegee-fait-5-morts-et-66-blesses-a-beyrouth) le fief du Hezbollah, le puissant mouvement politico-militaire chiite que l’Iran arme et finance après avoir inspiré sa création au début des années 80. Moins d’une semaine plus tôt, c’était le camp sunnite, soutenu par l’Arabie Saoudite, qui avait été frappé avec l’assassinat de l’une de ses grandes figures, Mohamed Chattah, tué dans l’explosion de sa voiture et ce meurtre suivait lui-même un spectaculaire attentat contre l’ambassade d’Iran à Beyrouth. Entre sunnites et chiites, c’est maintenant coup pour coup au Liban et il n’y a aucune raison d’espérer que ce cycle s’interrompe puisque la monarchie saoudienne a décidé d’octroyer 3 milliards de dollars à l’armée libanaise pour qu’elle puisse relever le défi du Hezbollah en s’équipant d’armes que la France lui fournira afin d’éviter que ce pays dont elle est le protecteur historique ne tombe sous la coupe de l’Iran. Parce que le conflit syrien oppose, de fait, un régime issu de la minorité chiite de ce pays, les Alaouites, à une insurrection largement dominée par la majorité sunnite, il a dangereusement envenimé la crise permanent entre chiites et sunnites libanais mais ce n’est pas tout. En Irak, le phénomène est exactement parallèle sauf que c’est là-bas la minorité sunnite qui entre à nouveau en révolte contre la majorité chiite arrivée aux commandes après le renversement de Saddam Hussein par les États-Unis. A l’ouest de Bagdad, des sunnites se revendiquant d’Al-Qaïda se sont ainsi emparés ces derniers jours, de la ville de Fallouja et de quartiers entiers de la ville de Ramadi que l’armée irakienne bombarde depuis hier. La crise est assez sérieuse pour que l’Iran chiite ait publiquement proposé au gouvernement chiite irakien son assistance militaire en équipements et conseillers, le même type d’aide qu’il assure déjà au régime syrien qui bénéficie de surcroît de troupes dépêchées, à la demande de Téhéran, par le Hezbollah libanais. Dans ces trois pays, Syrie, Liban, Irak, c’est partout chiites contre sunnites, les premiers appuyés par l’Iran, les seconds par l’Arabie saoudite. Cela s’appelle une guerre de religions mais si les deux branches de l’islam en sont à s’affronter les armes à la main, c’est que l’Iran ne veut pas laisser perdre ses alliés régionaux que sont le Hezbollah et le régime syrien tandis que l’Arabie saoudite ne veut à aucun prix que l’Iran consolide ses positions régionales en l’emportant au Liban et en Syrie alors qu’il est en train de se rapprocher des États-Unis. Confessionnelle, cette guerre oppose avant tout les deux puissances qui veulent s’assurer le contrôle d’un Proche-Orient dont les Etats-Unis se retirent. ### Et aussi : [Le dossier "Syrie : un pays en guerre" sur le site de France Inter](http://www.franceinter.fr/dossier-syrie-un-pays-en-guerre)
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