Où l'on voit l'ampleur du chaos semé par Donald Trump dans les relations internationales

Arrivée de Donald Trump à Varsovie
Arrivée de Donald Trump à Varsovie © AFP / SAUL LOEB

Un crochet par Varsovie ce jeudi puis quarante-huit heures de G 20 à Hambourg. Donald Trump y aura, entre autres, des entretiens avec les présidents russe et chinois et la chancelière allemande, aussi, qui ne lui ménage pas ses critiques sur son protectionnisme et son retrait de l’accord de Paris sur le réchauffement climatique.

Ce pourrait être de la routine, business as usual, le président de la première puissance économique et militaire du monde acclamé par la Pologne américanophile et accueilli avec la déférence due à son rang par les dix-neuf autres pays les plus riches de la planète, mais non, pas du tout.

Ce ne sera pas cela car, si Donald Trump a des amis aux commandes à Varsovie, des nationalistes qui apprécient son nationalisme, il n’en a guère au G 20 dont les pays membres sont tout simplement effarés par ce roi du tweet qui, en moins de six mois, a semé le chaos dans les relations internationales.

Les Etats-Unis n’ont aujourd'hui plus de politique étrangère. Bonne ou mauvaise, ils n'en ont plus aucun aucune puisqu’on ne sait plus ce que veut ce pays dont dépend si largement la stabilité internationale, qu’il semble ne plus le savoir lui-même et ne cesse de changer de pied.

Hier, le candidat Trump était mu par une grande idée. Il voulait sceller un rapprochement avec Vladimir Poutine sur lequel il ne tarissait pas d’éloges. Il ambitionnait de s’appuyer sur la Russie pour contourner l’Europe et isoler la Chine, pour marginaliser deux puissances économiques dont il redoute l’ascension et qu’il considère comme des concurrents des Etats-Unis. Il rêvait, en un mot, d’en revenir au condominium de la guerre froide – Moscou, Washington et rien d’autre – mais à un condominium dans lequel les Etats-Unis et la Russie n’auraient plus été adversaires mais alliés.

Pourquoi pas ? Même les plus grands simplismes, tout est envisageable mais le flot de révélations sur la connivence de son équipe de campagne et l’ambassade russe a balayé tout cela. Sauf à confirmer tous les soupçons, Donald Trump ne pouvait plus convoler avec Vladimir Poutine et, après avoir tant pourfendu la Chine, il s’est donc tourné vers elle en expliquant que si elle l’aidait à calmer les Nord-Coréens, il n’allait pas lui chercher de querelles commerciales.

Très bien, mais les Chinois n’ont en rien calmé Pyongyang. On n’est plus loin d’une vraie crise nord-coréenne.

Donald Trump hausse à nouveau le ton contre Pékin et vend des armes à Taïwan. Rien ne va plus avec la Chine. L’Europe met sur les rails une Défense commune car elle a, depuis janvier, toutes les raisons de ne plus croire au parapluie américain. Donald Trump, au passage, a tellement embrassé les monarchies du Golfe qu’elles se sont senties autorisées à organiser le blocus du Qatar, coupable d’avoir recherché un apaisement avec l’Iran. Donald Trump applaudit mais ses militaires et ses diplomates en sont livides car le Qatar abrite la plus grande base américaine du Proche-Orient.

Bref, pour ne pas employer l’autre mot, c’est le cirque et à Hambourg, toute la question est de savoir si Donald Trump voudra tenter de recoller les morceaux.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.