Toute la donne israélo-palestinienne peut en être changée. Dès la mi-juillet, Israël pourrait voir le Président palestinien, Mahmoud Abbas, lui proposer l’ouverture de négociations sur un règlement de paix définitif et cela après que la population des Territoires se fut prononcée, à sa demande et par référendum, en faveur de la coexistence de deux Etats le long des frontières de 1967. Face à un tel interlocuteur, prêt à le reconnaître et mandaté pour cela par le suffrage populaire, Israël n’aurait aucune raison de s’en tenir à son plan de séparation unilatérale d’avec les Palestiniens qu’il a toujours dit n’envisager que faute d’un interlocuteur avec lequel négocier. Dès l’été, des pourparlers pourraient ainsi s’engager et, les grandes lignes d’un règlement étant connues depuis six ans, la paix n’a, théoriquement, plus rien d’impossible. Est-ce à dire, pour autant, qu’elle s’annonce ? La réponse est, malheureusement, moins claire. La paix s’annonce, oui, comme jamais depuis la signature des Accords d’Oslo, car l’homme qui a succédé à Yasser Arafat et veut, maintenant, organiser ce référendum n’a aucune des ambiguïtés de son prédécesseur. Combattant de la première heure, figure historique des luttes palestiniennes, Mahmoud Abbas avait su braver l’impopularité, aux débuts de la deuxième Intifada, en déclarant haut et fort qu’elle n’apporterait rien à son peuple et le mènerait à l’impasse. Elu Président parce qu’il avait eu le courage de cette lucidité, il n’a jamais cessé, depuis, de prôner la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, autrement dit une paix fondée sur la reconnaissance d’Israël. Lorsque le Mouvement de la Résistance islamique, le Hamas, a remporté la majorité absolue aux élections de janvier en battant son propre parti, le Fatah, Mahmoud Abbas est resté fidèle à cette ligne. Il a fait le gros dos jusqu’à ce que les plus célèbres des détenus palestiniens appellent, de leurs cellules israéliennes, à la négociation avec Israël. Fort de cette initiative d’hommes appartenant aussi bien au Hamas qu’au Fatah, il a alors donné dix jours au Hamas pour se rallier à cet appel faute de quoi il demanderait au peuple de trancher. Ce délai étant expiré sans que les islamistes aient accepté, le Président palestinien fixera aujourd’hui la date de ce référendum qu’il a toute chance de remporter car la population souhaite un compromis. La paix, oui, redevient possible mais les obstacles n’en sont pas moins immenses. Le Hamas peut tout faire pour contrarier la tenue de ce référendum et obliger, ainsi, Mahmoud Abbas à organiser des élections anticipées qu’il serait moins sûr de gagner que le référendum car le Fatah, trop corrompu et trop longtemps resté au pouvoir, demeure impopulaire. Le Hamas peut aussi faire traîner les choses en demandant de nouvelles discussions. Israël, de son côté peut être tenté de ne rien faciliter car des négociations lui seraient moins favorables qu’une solution unilatérale par laquelle il dessinerait seul les futures frontières des deux Etats. Ce bras de fer peut, enfin, déboucher sur une anarchie bloquant tout. Rien, évidemment, n’est joué mais, oui, un espoir renaît - un rare espoir.

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