Fujimori ou Kuczynski, Kuczynski ou Fujimori, impossible ce matin de départager les deux candidats...

Fujimori ou Kuczynski, Kuczynski ou Fujimori, impossible ce matin de départager les deux candidats même si PPK, ou Pedro Pablo Kuczynski, aurait un léger avantage sur la fille de l'ancien président Alberto Fujimori qui se présentait pour la seconde fois.

C'est peut-être d'ailleurs cela qui risque de coûter la présidence à Mme Fujimori : le fait qu'elle soit omniprésente dans les allées la politique péruvienne et ce depuis près de vingt ans, puisqu'elle a même fait office de Première Dame lorsque son père était président. Autrement dit, malgré sa jeunesse, 41 ans, il est perçu comme un vieux briscard de la politique locale. Président de 1990 à 2000, Alberto Fujimori a laissé de très mauvais souvenirs : des souvenirs de corruption et d'atteintes aux droits de l'homme. Des accusations qui lui valent d'être aujourd'hui emprisonné pour 25 ans, et ce depuis 2007. Pour espérer accéder à la présidence, sa fille a d'ailleurs dû promettre qu'elle ne gracierait pas papa.

Par ailleurs, elle a fait deux autres erreurs, alors qu'elle menait de plusieurs points dans tous les sondages : d'une part, elle a tardé à se débarrasser du chef de sa campagne, un certain Ramírez, ouvertement corrompu et qui l'a immédiatement mouillée. Une affaire nauséabonde qui rappelait les années trop les années Fujimori père. Ensuite, elle a multiplié les promesses populistes, dont une qui était censée lui rapporter les suffrages des policiers : les autoriser à travailler pour des entreprises de sécurité privées sur leurs congés. Ca n'a l'air de rien, mais ça a beaucoup déplu. En fait, cela revient à autoriser les policiers à travailler le weekend pour ceux qu'ils pourchassent la semaine ! Dans un pays dont un tiers de la population se déclare victime d'insécurité tous les ans, cette promesse électorale est très très mal passée.

Mais encore une fois, ces deux erreurs, corruption et promesses de gascon, expliquent en partie la chute de la maison Fujimori mais la vraie explication reste tout de même le fait que les Péruviens qui votent ne veulent pas du retour de cette dynastie.

Et qui est ce Kuczynski, quel est son parcours ? Encore une fois, il faut être prudent ! Il n'a que quelques milliers de voix d'avance. Pedro Pablo Kuczynski, est un ancien banquier, un ancien Premier ministre, un honnête homme, tout le monde en convient, et un homme âgé aussi : 77 ans. Il a fait une campagne assez terne, assez technocratique, sans grand relief, jouant sur l'expérience et la maturité. Quand il parle de lutter contre la corruption, les Péruviens le croient. Et quand il dit qu'il n'a pas d'amis à servir, aussi.

En fait, cette élection présidentielle est avant tout le signe d'une démocratisation de la société péruvienne et d'une grande maturité de l'électorat : 50 quelque chose, c'est le signe le plus sûr d'un pays polarisé, certes, mais qui croit en ses institutions.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.