grandes manoeuvres diplomatiques sur l'ukraine à paris
grandes manoeuvres diplomatiques sur l'ukraine à paris © reuters

Cela demande encore confirmation. C’est un espoir qui peut s’évanouir à nouveau comme lorsque Mme Merkel avait cru comprendre à tort, dimanche, que Vladimir Poutine était d’accord pour ouvrir un dialogue politique sur l’Ukraine mais un pas vient d’être fait hier, dans la bonne direction.

A l’issue de quelques dix heures de discussions à Paris avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, après d’innombrables apartés et d’incessants rebondissements, les chefs des grandes diplomaties occidentales lui ont finalement arraché une sorte de « oui » à l’idée de mettre en place un « groupe de contact » permettant d’ouvrir un dialogue continu sur cette crise.

Prudentes, les capitales occidentales n’en ont pas fait état publiquement car il faut encore attendre ce qu’en dira M.Poutine mais, tandis que Laurent Fabius estimait que la journée avait « pour la première fois, permis d’amorcer quelque chose », le secrétaire d’État américain John Kerry parlait, lui, d’un accord sur la poursuite « d’intenses discussions », « d’idées sur la table » et d’un début de « processus dont nous espérons qu’il mènera à une désescalade ».

L’idée que n’a pas repoussée Sergueï Lavrov est que ce groupe de contact inclue les autorités ukrainiennes de transition dont Moscou ne reconnaît pourtant pas la légitimité, qu’une première réunion se tienne aussi vite que possible et que les principes fondant ces discussions soient le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, le cantonnement à leurs bases des troupes russes de Crimée et l’éventuel déploiement d’observateurs internationaux. Si Vladimir Poutine ne torpille pas ce projet, il pourrait peut-être permettre d’avancer mais, pour l’heure, la désescalade n’est pas au rendez-vous.

En Crimée, l’envoyé spécial de l’Onu, le néerlandais Rober Serry, a été contraint de reprendre le premier avion en partance après avoir été menacé par des éléments pro-russes qui bloquaient sa voiture aux cris de « Poutine ! Poutine ! ». En Ukraine orientale, d’autres pro-russes ont repris le siège de l’administration régionale de Donetsk dont ils avaient été évacués après l’avoir occupé la veille. La tension demeure extrêmement vive sur le terrain et à Paris, les Russes ont obstinément refusé tout contact, même une poignée de main, avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères.

« Qui c’est ? », a demandé Sergueï Lavrov qui a campé toute la journée dans ce que l’un de ses interlocuteurs décrit comme une « panique de l’argumentaire » car il était évidemment difficile de soutenir que les hommes armés et en uniforme qui assiègent les casernes ukrainienne ne sont pas des soldats russes ou que le président déchu aurait le pouvoir d’appeler à une intervention militaire de la Russie alors que la Constitution ukrainienne n’accorde ce pouvoir de recours à des troupes étrangères qu’au Parlement. Le ministre s’est montré toute la journée aussi dur qu’évasif et contradictoire sur les objectifs de son pays mais bon…

En attendant ce qu’en dira M. Poutine, il a finalement prononcé cette sorte de « oui » tandis que les 28 dirigeants européens s’apprêtaient à se retrouver aujourd’hui, à Bruxelles, avec le président ukrainien par intérim.

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