Les nouvelles de Rome sont plus qu'alarmantes mais tout, pourtant, n'est pas déjà perdu pour l'Union

Telle que sortie des urnes dimanche soir, l’Italie est ingouvernable. Elle le restera jusqu’à ce que les Italiens soient appelés à dénouer cette crise par de nouvelles élections ou que de longs mois de tractations aient permis des rapprochements nullement impossibles mais aujourd’hui improbables. 

         Les nouvelles sont autrement dit aussi mauvaises pour la troisième économie de l’Union que pour l’Union elle-même dont cet imbroglio romain  ne facilite pas la relance mais est-ce, pour autant, la totale catastrophe que l’on dit ? 

         Commençons par les raisons de s’inquiéter. 

         A l’heure où le monde aurait tant besoin d’une Europe forte à même de peser sur la scène internationale, ces législatives italiennes confirment l’érosion des deux grandes forces politiques qui avaient structuré les échiquiers nationaux et paneuropéen depuis la fin de la guerre. Social-démocratie et démocratie-chrétienne, gaullisme en France, perdent de leurs électeurs à chaque scrutin et c’est grave car, sauf en France avec le macronisme, les forces susceptibles de les remplacer en sont encore à leurs premiers balbutiements. 

Un vide se crée et ce vide nous affaiblit tous,  nous tous Européens, collectivement parlant et sans doute pour longtemps. La deuxième raison de s’inquiéter est qu’il est clair qu’avec quelque 20% des voix en moyenne, les nouvelles extrêmes-droites s’inscrivent sur les échiquiers européens et que partout où les droites croient leur résister en reprenant leurs mots, ce sont les extrémistes qui progressent, comme on vient de le voir à Rome.

Les raisons, maintenant, de ne pas crier à la fin du monde. 

La première est que le fascisme, non, ne marche pas sur Rome où l’extrême-droite réunit moins de voix que le Front national en France. Quant à la seconde raison de ne pas déjà s'ouvrir les veines, elle est que les Italiens sont, en fait, si peu désireux d’enterrer l’unité européenne que le Mouvement 5 Etoiles, désormais devenu le premier parti d’Italie sous le si pertinent slogan de « Va te faire foutre ! » avait passé toutes ces dernières semaines à faire oublier son europhobie primale en abandonnant toute idée de sortie de l’euro. L’échec de Mme Le Pen a ouvert bien des yeux dans l’Union. Il n’y a pas de majorité en Europe pour suivre l’exemple britannique. Peut-être n’y en a-t-il même plus en Grande-Bretagne car, face à Trump, à Poutine et aux chaos proche-orientaux, les Européens ressentent le besoin de serrer les rangs. 

  Tout n’est pas perdu, loin de là, mais les responsabilités d’Emmanuel Macron et Angela Merkel sont devenues dimanche plus écrasantes que jamais car l’unité européenne serait bien vite très mal en point si « l’Europe qui protège » ne prenait pas bientôt et visiblement corps dans une Défense, une fiscalité, des investissements et des garde-frontières communs, autrement dit paneuropéens.

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