On n’y croit pas, et peut-être à raison. Regardez les journaux, israéliens ou arabes, européens ou américains, c’est à peine s’ils sortent, ces derniers jours, du complet scepticisme avec lequel ils rendent compte, depuis l’été, des conversations israélo-palestiniennes et pourtant… Condoleezza Rice vient, à nouveau, de passer deux jours entre Jérusalem et Ramallah. Depuis le début de l’année, c’était son huitième voyage en Israël et en Cisjordanie et qu’a-t-elle dit, avant de repartir pour Washington ? Evoquant la réunion internationale que les Etats-Unis comptent organiser, sous quelques semaines, à Annapolis, près de Washington, elle a dit que cette conférence pouvait être « le tremplin pour des négociations qui, comme l’a dit le Premier ministre israélien Ehud Olmert, peuvent atteindre leurs objectifs dans le temps de mandat qui reste à l’administration Bush ». Le chef de la diplomatie américaine estime, autrement dit, que la paix, un accord de coexistence entre deux Etats, est possible dans l’année qui vient, et c’est effectivement ce qu’avait aussi dit Ehud Olmert, dimanche, en déclarant : « Nous avons un partenaire et ne voulons pas retarder les négociations jusqu’à un moment où il ne serait peut-être plus en mesure de remplir la tâche. Si les Palestiniens et nous agissons avec détermination, il y a une chance de parvenir à des résultats importants, peut-être même avant la fin du mandat du président Bush. Annapolis, avait-il encore ajouté, sera le tremplin d’une poursuite de négociations intenses qui n’éviteront aucun point controversé ». Et les Palestiniens, qu’en disaient-ils, hier soir, par la voix de leur Président, Mahmoud Abbas ? « Toutes les parties, disait l’homme qu’Ehud Olmert qualifie désormais « d’interlocuteur », sont d’accord pour parvenir à un règlement avant la fin du mandat du Président Bush. Nous sommes déterminés à ce que cela nous serve d’échéance et oeuvrons en ce sens ». Normalement, une telle convergence devrait faire, chaque jour ou presque, la manchette de tous les quotidiens mais, si ce n’est pas le cas, il y a des raisons à cela. Elles tiennent à l’échec de toutes les tentatives précédentes, à l’extrême fragilité de la coalition gouvernementale israélienne et à la fragilité, encore plus grande, de Mahmoud Abbas qui ne contrôle, et bien peu, bien mal, que la Cisjordanie. Cela justifie, malheureusement, le scepticisme général mais… Il y a quatre « mais ». Le premier est que jamais auparavant Américains, Israéliens et Palestiniens n’avaient exprimé une telle convergence. Le deuxième "mais" est que, si échec il y avait, le Hamas prendrait bientôt le contrôle de la Cisjordanie après celui de Gaza et que ce serait aussi tragique pour les Israéliens que pour les Palestiniens. Le troisième est qu’un règlement israélo-palestinien est devenu fondamental pour les Etats-Unis depuis leur faillite irakienne. Quant au quatrième "mais" il est que le Hamas comme l’extrême droite israélienne commencent à prendre ce processus tellement au sérieux qu’il divise le premier et mobilise la seconde.

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