Jusqu’il y a peu, c’était la Chine contre le reste du monde. Etats-Unis en tête, le monde entier reprochait aux Chinois de maintenir leur monnaie, le yuan, à un niveau artificiellement bas afin de faciliter leurs exportations, déjà portées par le bas coût de leur main-d’œuvre. Régulièrement, la Chine se trouvait ainsi sommée de réévaluer par les Américains, les Européens, les Japonais. C’était un rituel obligé de la scène internationale mais, comme la Chine n’en a rien fait et que la crise financière de 2008 a encore accentué les difficultés économiques de ses partenaires, on est entré dans une nouvelle phase qui suscite, partout, une inquiétude grandissante. A défaut de voir le yuan baisser, les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil, la Suisse également dont le franc s’envole car il est redevenu une valeur refuge, ont entrepris de faire baisser leurs devises dans ce qui devient une guerre mondiale des monnaies. Une puissance après l’autre, le monde met le doigt dans ce jeu pervers des dévaluations compétitives qui avait été la grande spécialité des pays européens avant qu’ils n’y mettent terme en se dotant, avec l’euro, d’une monnaie unique. Ce n’est pas, déjà, la catastrophe, mais la pente est glissante. Le problème occupe désormais la une des journaux économiques. Comme Dominique Strauss-Kahn les plus grands établissements financiers du monde viennent de s’en alarment. Ils ont appelé, lundi, à la définition d’un nouvel ordre monétaire international et cette situation met sur le devant de la scène le président français qui avait soulevé le problème depuis deux ans et annoncé sa volonté de s’y attaquer lorsqu’il prendra, le mois prochain, la présidence du G-20. Le dossier est si complexe, il met en jeu tant d’intérêts nationaux, que Nicolas Sarkozy se garde d’avancer d'emblée, une solution. Conscient du fait qu’il n’y a beaucoup de coups à prendre et qu’il joue là, de surcroît, ce qui pourrait être sa dernière chance de faire bonne figure lors de la prochaine présidentielle, il veut agir avec prudence et modestie en plaçant les grandes puissances, et d’abord la Chine, devant leurs responsabilités et en les appelant, donc, à formuler leurs propres idées. Il va tenter, pour cela, d’organiser durant sa présidence trois séminaires réunissant banquiers centraux et grands argentiers, le premier en Chine, le deuxième à Francfort, capitale européenne de la finance, le troisième aux Etats-Unis, et demander à une très haute personnalité européenne, allemande de préférence, d’en être le rapporteur, d’en faire une synthèse qui pourrait ouvrir des pistes. C’est une très grande partie qui s’ouvre, aussi décisive qu’incertaine. Un post-scriptum, maintenant, sur la suite du feuilleton israélo-palestinien. Craignant apparemment d’être mis en minorité par son propre gouvernement, Benjamin Netanyahou a renoncé, hier, à demander à ses principaux ministres d’accepter de prolonger le gel de la colonisation. Les pourparlers de paix sont une fois de plus, et gravement, en péril mais les centristes ont, à nouveau, fait des offres de service au Premier ministre par la voix de Mme Livni, leur chef de file, et peut-être la question d’un changement de majorité en Israël se pose-t-elle à nouveau. Au bord du gouffre, le feuilleton continue.

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