Il n’y avait plus de différence avec les nouvelles extrêmes-droites...

Au dernier jour de leur congrès, hier, à Birmingham, les conservateurs britanniques se sont totalement alignés sur les formations xénophobes et europhobes qui s’affirment dans toute l’Europe.

Theresa May, la nouvelle Première ministre, a ouvert le feu en fustigeant le mépris qu’éprouveraient « les élites progressistes » pour la « patriotisme » et les « craintes de l’immigration » des « gens du peuple ». « Nous n’allons pas quitter l’Union européenne pour abandonner de nouveau le contrôle de l’immigration », a-t-elle ajouté avant que ses ministres ne prennent le relais.

Sa ministre de l’Intérieur a présenté un plan visant à ce que les entreprises publient la liste de leurs salariés étrangers. Son ministre de la Santé a expliqué que le Royaume-Uni devait devenir « autosuffisant en médecins britanniques ». Quant au ministre du Commerce international, il a estimé qu’il ne fallait pas préciser, à ce stade, le sort qui serait réservé aux trois millions d’Européens travaillant en Grande-Bretagne car c’était là, a-t-il dit,« l’une des principales cartes » de son pays dans les futures négociations avec l’Union.

Le Front national ou son équivalent britannique, Ukip, n’aurait pas dit mieux et, à l’instar encore des nouvelles extrêmes-droites, la Première ministre s’est positionnée en grand défenseur de la classe ouvrière et des plus démunis qui seraient, à l’entendre, sacrifiés par le Parti travailliste et les partisans de l’unité européenne.

C’est une rupture avec le parti de Churchill, le vainqueur de la Deuxième Guerre mondiale, avec celui de Margaret Thatcher qui n’était pas précisément l’avocate des plus pauvres, avec celui de David Cameron aussi, son prédécesseur qui se flattait de sa proximité avec les milieux d’affaires. C’est une complète rupture avec tous les courants et toutes les traditions, bonnes ou mauvaises, de ce parti dont les nouveaux ténors, issus du Brexit, ambitionnent de ne plus avoir d’adversaires sur la scène intérieure.

Ils veulent à la fois occuper le terrain que s’était adjugé Ukip dont les dirigeants démissionnent les uns après les autres car ils ne savent pas quoi faire de leur victoire et profiter des déchirements du Parti travailliste, profondément divisé entre socialistes et sociaux-libéraux.

C’est un calcul électoral que fait Mme May mais ce calcul a fait chuter le Livre car, en refusant la liberté d’installation des Européens en Grande-Bretagne, la Première ministre se ferme les portes du Marché commun.

Dès lors qu’elle rejette la libre circulation, il n’y a plus grand-chose à négocier. La Première ministre fait le choix des pays émergents contre l’Europe et il n’est pas du tout certain que l’économie, les entreprises et les salariés britanniques gagnent au change car la Chine n’est pas la patrie de la protection sociale mais d’un dumping tous azimuts.

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