Où l'on voit qu'il a beaucoup de raisons au rapprochement entre Russes et Saoudiens

Le roi Salmane, le souverain saoudien, est à Moscou. Il y achète des armes russes, signe des contrats à tour de bras, cherche les moyens de maintenir les cours du pétrole de concert avec Vladimir Poutine,et cette visite en dit beaucoup sur l’état du monde car, communiste et athée, la Russie avait longtemps été, pour Riad, la succursale terrestre de l’enfer.

La chute du mur de Berlin n’y avait rien changé tant les liens étaient profonds entre Américains et Saoudiens mais…

Mais les Etats-Unis de Georges Bush sont allés renverser Saddam Hussein en Irak où ils ont ainsi mis aux commandes la majorité chiite, des coreligionnaires de ces adversaires de l’Arabie saoudite que sont les Iraniens. Malgré les Saoudiens, Barack Obama a ensuite cosigné le compromis nucléaire qui a permis à l’Iran d’échapper aux sanctions internationales qui bridaient son économie. Par leur abstention dans le conflit syrien, les Etats-Unis ont parallèlement rouvert les portes du Proche-Orient à la Russieet, malgré les gestes de réconfort que leur a aussitôt adressés Donald Trump, les Saoudiens se sont donc résolus à traiter avec Moscou.

Tout les y poussait et, d’abord, le pétrole, principale ressource des Russes et des Saoudiens qui, à l’heure de leurs difficultés budgétaires, ont un intérêt commun à maintenir les cours. Ils s’y étaient déjà employés en décembre dernier lorsqu’ils étaient parvenus à sceller un accord de réduction de la production, c’est-à-dire de l’offre, entre pays exportateurs. Vladimir Poutine travaille aujourd’hui à la reconduction de cet accord qui arrive à échéance l’année prochaine. C’est à cet effet qu’il a déjà reçu le président vénézuélien et reçoit aujourd’hui le roi Salmane mais, contrairement à ce que croient toujours tant de complotistes, il n’y a pas que le pétrole au monde.

Sur la scène proche-orientale, Russes et Saoudiens sont face-à-face puisque les premiers sont les alliés de l’Iran et du régime syrien, de deux adversaires de l’Arabie tsaoudite. Cela reste vrai. Riad et Moscou ne font pas jeu commun dans la région mais le référendum d’indépendance des Kurdes irakiens est en train de modifier beaucoup de choses au Proche-Orient.

Les Etats y découvrent soudain qu’au-delà de leurs rivalités et de l’affrontement entre sunnites et chiites, ils doivent chercher les moyens d’une coexistence pour trouver ensemble les moyens de s’opposer à la remise en question de leurs frontières. Il y a des Kurdes dans quatre de ces pays, des sunnites dans l’Irak majoritairement chiite et des chiites jusqu’en Arabie saoudite où ils sont concentrés dans les régions les plus pétrolifères.

Raisons d’Etat obligent, une sainte-alliance s’impose aux puissances proche-orientales et c’est également avec un allié de l’Iran que le souverain saoudien est venu s’entretenir en Russie.

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