Les deux premiers producteurs mondiaux de pétrole, la Russie et l’Arabie saoudite, ont amorcé hier un rapprochement...

Alors que la baisse des cours fait énormément souffrir l’ensemble des pays producteurs, Riad et Moscou ont décidé, en marge de la réunion du G-20, d’œuvrer de concert à une « stabilisation du marché », autrement dit à une remontée des prix.

Pour les Russes, cet accord pourrait aller jusqu’à une raréfaction de l’offre qui, mécaniquement, relancerait les cours à la hausse. Les Saoudiens estiment, eux, qu’il n’y aurait pas là de nécessité immédiate même s’ils n’excluent pas cette possibilité. Les Russes sont plus impatients que les Saoudiens d’agir sur les prix mais qu’elles que soient leurs différences d’appréciation, la Russie et l’Organisation des pays producteurs de pétrole se concerteront à Alger fin septembre, à deux mois d’une réunion de l’Opep à Vienne,

Russie en tête, les pays producteurs aspirent à agir sur les cours, ce qui aggraverait sérieusement les difficultés de l’Europe et de la Chine. Il n’est pas certain qu’ils y parviennent car l’Iran, pour sa part, entend vendre à tout va, à n’importe quel prix, afin de profiter de la levée des sanctions qui le frappaient pour rétablir ses finances. L’unanimité des pays producteurs sera difficile à atteindre mais il est certain premièrement, que la Russie fera tout pour permettre cette unanimité qui est primordiale pour elle et pour la réélection de Vladimir Poutine dans deux ans ; deuxièmement que l’Arabie saoudite vient d’envoyer là une salve d’avertissement aux Etats-Unis auxquels elle ne pardonne pas d’observer désormais une neutralité de fait entre les camps chiite et sunnite et leurs champions iranien et saoudien et, troisièmement, que la diplomatie russe est partout à l’offensive.

La Russie fait du pied à Pékin en soutenant maintenant ses revendications sur les îlots de la mer de Chine méridionale. La Russie se réconcilie avec la Turquie qui en veut aux Occidentaux d’avoir critiqué les arrestations de masse auxquelles son président a procédé après la tentative de coup d’Etat militaire du mois de juillet. La Russie se cherche des alliés tous azimuts pour retrouver son statut perdu d’autre superpuissance égale des Etats-Unis et Vladimir Poutine s’engouffre pour cela dans toutes les crises délaissées par Washington.

Alors que Barack Obama ne veut plus se mêler du conflit israélo-palestinien sur lequel il s’est cassé les dents, Vladimir Poutine tente d’organiser, au Kremlin, un sommet entre Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas. Et puis il y a, évidemment, la Syrie où les Russes ne semblent pas désespérer d’amener les Américains sur leurs positions en leur faisant mettre entre parenthèses le retrait de Bachar al-Assad au profit de frappes conjointes contre Daesh et tous les groupes que Moscou considère comme terroristes. Les Russes mettent les bouchées doubles car ils considèrent qu’Hillary Clinton serait moins conciliante avec eux que Barack Obama.

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