Où l'on voit que la crise coréenne est tout sauf secondaire mais qu'un minimum de réalisme pourrait l'endiguer ...

Il n’exagère malheureusement pas. Quand le président russe déclarait hier que la crise coréenne pouvait conduire à une « catastrophe planétaire », il disait vrai car, si les Etats-Unis en arrivaient à frapper les sites nucléaires de Pyongyang, ils ouvriraient alors une dynamique immaitrisable.

La riposte nord-coréenne ciblerait la Corée du Sud et tout particulièrement Séoul, sa capitale. L’industrie sud-coréenne serait mise hors service pour longtemps. L’économie mondiale en serait profondément affectée. Les Etats-Unis en seraient conduits à relever le gant et à chercher la chute du régime nord-coréen et, en quelques heures, ils se trouveraient là face à la Chine.

Devant la possibilité d’un effondrement nord-coréen, la Chine bougerait car sa raison d’Etat lui interdit de laisser la Corée se réunir, devenir un concurrent économique et politique et bientôt autoriser des troupes américaines à s’installer à sa frontière.

C’est tout l’équilibre asiatique qui est en train de se jouer entre les différentes puissances du continent, d’une part, et la Chine et les Etats-Unis de l’autre. L’affaire est extrêmement sérieuse et l’est tellement que les gesticulations militaires américaines pourraient vite la rendre incontrôlable et que de nouvelles sanctions économiques contre Pyongyang ne résoudraient rien et pourraient même tout aggraver.

Les dirigeants nord-coréens y répondraient par une multiplication de leurs essais nucléaires et balistiques. Ces provocations feraient encore monter la tension. Là n’est pas la bonne voie mais alors que faire ?

Pardon de le dire, mais c’est en fait simple.

Il faut partir des faits, voir et admettre que le régime nord-coréen ne veut se doter d’une force de dissuasion que pour assurer sa pérennité en faisant avaliser par le reste du monde une coupure définitive de la péninsule coréenne qui interdirait que la Corée du Nord puisse un jour être absorbée par celle du Sud comme l’Allemagne de l’Est l’a été par celle de l’Ouest.

C’est sa survie que cet abominable régime défend et il n’est dès lors pas impossible de négocier avec lui. Ce serait ardu car la Corée du Nord ne considère pas encore qu’elle ait établi un rapport de forces suffisant pour obtenir les garanties qu’elle souhaite. Il y faudrait l’aide de la Chine qui peut faire plier Pyongyang en quelques jours car elle est son seul vrai partenaire commercial mais pour obtenir cette aide chinoise, il faudrait garantir à Pékin qu’il n’y aura ni unification de la Corée ni forces américaines à sa frontière.

Ce qui est à faire est clair, déplaisant mais clair. Il ne faut plus tarder à s'y atteler.

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