Hier, Anthony Bellanger, la Russie a détruit au bulldozer en direct à la télévision des tonnes de fromages...

Oui mais pas n'importe quel fromage : D'énormes meules d'un fromage jaune à pâte dure qu'on imagine être néerlandais ou peut-être même français... Allez savoir. Cet outrage gastronomique a été commis à Belgorod, à la frontière ukrainienne.

Pourquoi cette haine fromagère, me direz-vous. Eh bien parce qu'hier le Kremlin voulait marquer avec force le 1er anniversaire des sanctions imposées par la Russie à un certain nombre de produits alimentaires européens, dont le fromage donc.

D'autres destructions publiques sont d'ailleurs à prévoir : Moscou a prévenu qu'il allait appliquer le même genre de traitement à du jambon espagnol ou encore aux pommes polonaises. Parce que tous ces produits sont entrés en Russie en contrebande.

Il y a même un petit jeu dans certains restaurants de Moscou qui consiste à importer des produits interdits via la Biélorussie et de remplacer les étiquettes « made in Italy » sur le Parmesan, par exemple, par de superbes étiquettes « made in Bielorussia ».

Relance : donc les Russes haussent le ton, mais les sanctions européennes contre la Russie, sont-elles efficaces ?

Oui et non. Les sanctions européennes et américaines consistent à rendre la vie compliquée aux entreprises russes et aux oligarques qui entourent Vladimir Poutine. On a donc restreint d'accès des grands groupes russes aux banques occidentales.

On a mis en place une liste de personnalités proches du Kremlin qui ne peuvent plus accéder à leurs comptes bancaires en Europe ou au Etats-Unis ou obtenir un visa pour la France, l'Allemagne, l'Italie... Bref, finie les vacances à Courchevel ou à New York.

Ces sanctions-là ne touchent pas directement les Russes. Elles ont, par contre ébranlé la valeur du rouble ou encore freiné les investissements étrangers. En fait, ce qui vraiment pénalisé l'économie russe, c'est la chute du prix de baril de pétrole.

La Russie est le 1er exportateur mondial de pétrole brut et le prix du baril a été divisé par deux en moins d'un an. En clair, ce n'est pas tellement l'Europe et les Etats-Unis qui ont ruiné la Russie mais l'Arabie saoudite lorsqu'elle a décidé de faire chuter les prix.

Relance : c'est pourtant pas la Russie qui était visée par l'Arabie saoudite !

L'Arabie saoudite voulait d'abord et avant tout ruiner l'Iran. Faire en sorte que le retour de l'Iran sur le marché pétrolier se fasse dans les pires conditions, c'est-à-dire avec un prix du baril cassé.

Les Saoudiens voulaient aussi ruiner les producteurs de pétrole américain. A moins de 50$ le baril, le pétrole de schiste n'est plus rentable. Mais s'ils peuvent, en plus, faire du mal à la Russie, alliée de leur ennemi Bashar El Assad, ce n'est que du bonheur !

Un billard a trois bandes - ruiner l'Iran, les Américains et la Russie avec une seule décision - qui fonctionne très bien : le rouble a perdu de sa valeur, l'inflation tourne autour de 15% et les Russes ont failli devoir se passer de préservatifs...

Oui, parce qu'un député russe a fait parvenir à Poutine une liste de produits européens à proscrire, dont les préservatifs. Ca punirait l'Union européenne et ça permettrait de redresser une natalité russe en petite forme. Le Kremlin a décliné l'offre.

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