Ce matin on mêle bébé Panda et Neymar... Le point commun n'est pas la France, contrairement à ce qu'on pourrait assez justement imaginer... mais le "soft power".

De l'art de faire de la diplomatie avec des pandas et des stades de foot...
De l'art de faire de la diplomatie avec des pandas et des stades de foot... © Getty / Shannon Fagan

Le soft power, c'est l'influence qu'exerce un pays par d'autres moyens que les armes, qui sont donc le hard power. D'autres moyens qui vont du rayonnement culturel au nombre d'étudiants étrangers, du réseau diplomatique à... Paris !

La ville lumière est en effet un élément d'influence à elle-seule, comme Londres ou New York d'ailleurs. Mais revenons donc à Neymar dont le transfert multimillionnaire est aussi une stratégie du Qatar pour redorer son blason.

Vous vous souvenez certainement que, depuis deux mois le Qatar fait l'objet d'un blocus de la part de ses voisins saoudiens et émiratis qui l’accusent le petit émirat de soutenir le terrorisme.

Le mot qui tue, au propre et au figuré ! Du Vénézuéla au Moyen-Orient, être accusé de terrorisme ou de suppôt du terrorisme, c'est être mis au ban des nations.

Pas question de se laisser faire, il fallait que le Qatar réagisse. Doha, n'est pas dénué de moyens. Par exemple, le Qatar, c'est le siège de la chaîne d'info Al Djazira et de la chaîne sportive BeIN Sport.

Gros atouts de soft power, c'est deux-là : regardée pour l'une dans tout le monde arabe et pour l'autre, partout où il y a des footeux en Europe, en Asie et au Moyen-Orient.

Mais Neymar à Paris, c'est un coup magistral : depuis 15 jours, on parle Qatar, on compte Qatar, on rêve Qatar et les Saoudiens et les Emiratis, eux, mangent leur chapeau : c'est le Qatar qu'on remercie et qu'on plaint d'avoir des voisins si mauvais coucheurs.

La Chine aussi s'intéresse au foot !

Et pour une raison bien simple : le foot est le seul sport global que les Etats-Unis ne contrôle pas. Du coup, la Chine qui pour le moment est un nain footballistique investit à tout va pour rattraper son retard.

Mais pour le moment, elle se sert de la popularité du foot pour avancer ses pions. Cette année, c'est le Gabon qui accueille la Coupe d'Afrique des nations et les nouveaux stades seront construits et payés par... Pékin, évidemment.

En 2008, le Ghana a eu droit à deux stades neufs. En 2010, en Angola, la Chine a payé et construit les 4 stades de la CAN pour 500M$ !

Mais rien n'est trop beau pour un des tout premiers producteurs de pétrole d'Afrique... Comme le Gabon d'ailleurs et le Ghana, tiens donc…

Mais la Chine faisait plutôt de la diplomatie avec ses pandas ?

L'un n'empêche pas l'autre, mais le soft power pandi-pandesque est un peu vieille Chine. Ça dure depuis 60 ans : depuis 1957, la Chine inonde le monde de ses ours rigolos même si elle ne les donne plus : elle les loue 1M$ l’an !

Et puis on peut faire passer des messages : en 2006, la Chine offre deux pandas à Taïwan. Vous savez que la Chine veut récupérer Taïwan.

Elle en fait même un principe de sa diplomatie. Eh bien, vous savez comment s'appelaient les pandas offerts à l'île rebelle ? Yuan Yuan et Tuan Tuan, c'est-à-dire Ensemble et Réunion...

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