En ce moment, rien ne réussit au prince héritier saoudien : ni au Yémen, ni dans le Golfe, ni en Syrie. Ce n'est pas le moment de vouloir défendre depuis Ottawa les droits de l'homme et leur militants saoudiens.

Le Prince d'Arabie Saoudite Mohammed bin Salman Al-Saud
Le Prince d'Arabie Saoudite Mohammed bin Salman Al-Saud © AFP / BANDAR AL-JALOUD / Saudi Royal Palace

L'ambassadeur du Canada en Arabie saoudite a été expulsé lundi et en 24h s'il vous plait ! Circulez ! Ya pas de diplomatie qui tienne ! Renvoyé comme un malpropre Dennis Horak qui pourtant n'avait pas démérité ! Le ministère des Affaires étrangères saoudien n'a pas du tout apprécié certaines prises de position canadiennes.

De quoi s'agit-il ? Durant le weekend, Ottawa a demandé officiellement la libération d'une militante des droits de femmes saoudienne, Samar Badawi, qui avait été arrêté la semaine dernière. Enfin, de là à renvoyer séance tenante un ambassadeur !

En regardant de plus près, il faut bien dire qu'on a la contestation chevillée au corps chez les Badawi : Samar est donc militante des droits des femmes, son ex-mari, un avocat militant des Droits de l'homme, est aussi en prison comme son frère, Raif Badawi.

Lui, a été emprisonné pour avoir tenu un blog un peu trop critique envers les religieux. Il a été condamné à 10 ans de prison en 2013 et 1 000 coups de canne. Lorsqu'on a commencé a lui en administrer 50, le scandale a été mondial et la sentence différée.

Le Canada, urticant en chef pour les Saoud

Eh bien, c'est le Canada qui a accueilli l'épouse et les enfants de Raif Badawi. Et pas plus tard que la mois dernier, Ensar Haidar a obtenu la nationalité saoudienne. Ce qui est une sorte d'humiliation pour le Royaume saoudien.

Pour tout dire, le Canada – du point de vue saoudien – est très très urticant ! En plus de prendre fait et cause pour la famille Badawi, Ottawa a accueilli plus de 30 000 réfugiés syriens, contre 0 pour l'Arabie saoudite, selon les chiffres de l'ONU, et le fait savoir !

Et en plus, ces donneurs de leçons canadiens brament comme des caribous lorsque des véhicules blindés vendus par eux-mêmes à l'Arabie saoudite se retrouvent sur des théâtres d'opération. C'est arrivé en 2017, on en tremble encore de colère à Ottawa.

En plus, Ottawa est un concurrent avec ses pétroles lourds de l'Alberta

C'est vrai, mais il faut savoir que le Canada, l'air de rien, est un sérieux concurrent pour l'Arabie saoudite : avec son pétrole lourd de l'Alberta et l'aide du pétrole de schiste étasunien, tout de même, il a privé l'Arabie saoudite du marché américain !

En plus, avec l'augmentation du prix du baril de pétrole, ils reprennent des couleurs les Canadiens ! Mais la vraie raison de cette expulsion expresse, c'est que le pouvoir saoudien ne supporte pas la moindre critique en ce moment :

Tout bêtement parce que rien ne réussit à Mohamed Ben Salman, ce vice-roi de 32 ans qui devait tout changer chez les Saoud ! La guerre du Yémen, commencée en 2015 comme une promenade de santé, est une catastrophe militaire et diplomatique.

Même le blocus du petit Qatar est une catastrophe

Doha devait ployer le genou en quelques jours : on attend encore ! Et le pire c'est que les Qataris passent pour des victimes ! Même constat en Syrie où Ryad a dépensé sans compter pour abattre Bashar el Assad et qui aujourd'hui, a à peine droit à un strapontin.

Ce n'est pas le moment de chatouiller « Monsieur mon prince » avec la famille Badawi. Enfin, si les Saoud voulaient faire un exemple, il fallait qu'il soit canadien : Justin Trudeau doit souverainement agacer autant Donald Trump que Mohamed Ben Salman.

Avec son côté Barack Obama en plus jeune et en plus sentencieux ! Dehors l'ambassadeur du Canada !

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