Ca commence sérieusement à sentir le roussi pour Jacob Zuma, président de la 1ère économie africaine depuis 8 ans et héritier - lointain mais tout de même – de Nelson Mandela. Je dis lointain, aussi bien par le temps que par la stature.

Jacob Zuma n'a jamais été autre chose qu'une pâle - très pâle – copie du héros de la lutte contre l'apartheid et 1er président noir d'une Afrique du Sud qui, dans les années 90, semblait montrer la voie à l'ensemble et l'Afrique et du monde.

Les 8 années au pouvoir de Jacob Zuma, le petit, comme Victor Hugo parlait au 19ème siècle de Napoléon le petit, ont été marqué par la mauvaise gestion, les scandales permanents et surtout une odeur délétère de corruption généralisée autour de lui.

Donc, vous avez raison Nicolas, la question est : comment se débarrasser de cet homme ? Le premier élément de réponse a déjà été apporté : en décembre, Cyril Ramaphosa, un vétéran anti-apartheid et dauphin de Mandela, a été élu à la tête de l'ANC.

C'est donc fait : c'est lui qui remplacera Zuma

Mais quand ? Au terme de la constitution sud-africaine, c'est le parlement qui choisit le président. Or l'ANC, le vieux parti de Nelson Mandela dispose d'une majorité absolue au Parlement. Il suffit donc d'un vote pour en finir avec Jacob Zuma.

Or on sent bien que l'envie ne manque pas de le renverser au plus vite : jeudi prochain, Jacob Zuma doit prononcer son discours annuel sur l'Etat de l'union sud-africaine. Or le discours a été repoussé. Les petits couteaux politiques sont bien de sortie.

Le problème c'est que Cyril Ramaphosa ne veut pas commencer son mandat par un meurtre politique à la zimbabwéenne. Il voudrait que les choses se passent, comme il dit, avec « maturité » et « décorum ». Bref, il voudrait ménager son prédécesseur.

Ca paraît difficile... on ne ménage jamais celui qu'on veut assassiner

Et encore une fois, le Zimbabwe voisin est un bon exemple. Lorsque le 24 novembre dernier Emmerson Mnangagwa, à l'issue d'un coup d'Etat militaire sans une balle tirée, a remplacé Robert Mugabe, 93 ans, il a lui aussi promis maturité et décorum.

Sauf que les milliards volés et le sort de Grace Mugabe, son épouse détestée sont venus polluer le début de son mandat. Bref, les bonnes intentions ne font ni une politique, ni une catharsis : d'une façon ou d'une autre, le pays devra juger son ancien président.

Même causes, mêmes effets en Afrique du Sud : les bonnes intentions de Cyril Ramaphosa ne suffiront pas à préserver Jacob Zuma. Il faut dire aussi que le pays est dans une situation presque dramatique. 

Non seulement la « nation arc-en-ciel » se débat toujours avec un racisme endémique mais ce qui faisait la fierté de l'Afrique du Sud, son économie et son développement, marquent le pas : le Nigéria lui dispute même la place de n°1 d'Afrique.

Le symbole de cette déconfiture est la situation de la ville du Cap qui, dès la mi-avril, devrait devenir la 1ère métropole au monde à manquer d'eau. Dans ces conditions, il faut un bouc émissaire au pays et Jacob Zuma sera celui-là. Et c'est en plus mérité !C

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