Tandis que le New Hampshire se prononcera sur les candidats à sa succession, Georges Bush s’envolera, mardi, pour le Proche-Orient. En une tournée d’une semaine qui le mènera dans le Golfe et en Egypte après Israël et la Cisjordanie, le président américain souhaite renforcer les perspectives de règlement israélo-palestinien ouvertes, en novembre, à Annapolis. Le scepticisme domine les commentaires sur son voyage. Quand on ne juge pas vaine son ambition de parrainer un accord de paix avant la fin de son mandat, on ironise sur sa volonté de faire semblant d’exister encore. Le monde ne croit pas à cette paix, pas sous ce président en tout cas, mais deux hommes paraissent, eux, y croire, deux hommes qui ont, là, un certain poids. Invariablement, le Président palestinien prédit, depuis septembre, la signature d’un accord avant l’automne prochain et le Premier ministre israélien vient tout bonnement d’en esquisser les contours dans une interview fleuve au Jerusalem Post . « Quel est le but de la visite (de Bush) ? », lui demande ce quotidien pas vraiment pacifiste. « Bush ne dit pas une seule chose à laquelle je sois opposé , répond Ehud Olmert, mais nous devons bien voir que, lorsque les amis d’Israël parlent de son avenir, c’est en termes de frontières de 1967 et de division de Jérusalem » . Autrement dit, le chef du gouvernement israélien accepte le retour à ces frontières et un partage de la ville sainte, comme le souhaite, à l’entendre, Georges Bush. « La Feuille de route demande l’arrêt du développement des colonies », poursuit le Post en faisant allusion à la position commune des grandes puissances et de l’Onu. « C’est vrai , répond Olmert, et il y a là une certaine contradiction entre ce qui est visible et ce que nous avons nous-mêmes promis. Nous avons des obligations sur les implantations et nous les honorerons » . En clair, comme le Premier ministre le fait comprendre plus loin, les plus grosses colonies, près de Jérusalem, seraient intégrées à Israël dans le cadre d’un échange de territoires mais les constructions cesseront. Question du Post : « Les Palestiniens ont-ils évolué sur la question des réfugiés ? ». « Toute l’idée de la création d’un Etats palestinien est de permettre à ces personnes de vivre non pas dans l’Etat d’Israël mais dans un Etat palestinien viable, libre, démocratique et bénéficiant d’une continuité territoriale » , répond Olmert qui ajoute que les dirigeants palestiniens « veulent la paix » et que l’échec d’une solution fondée sur deux Etats « pourrait aboutir à la fin de l’existence d’Israël comme Etat juif » . « Les Palestiniens ne voudront-ils pas attendre l’élection d’un nouveau Président ? », demande enfin le Post. « S’il apparaissait que ce prochain Président ne se sent pas moins d’obligations vis-à-vis d’Israël, ils auraient alors commis une erreur » , répond Olmert avant, dit-il, de conclure, invoquant la « combinaison, presque la main de Dieu » , dit-il, qui met Bush, Sarkozy, Merkel, Brown et Blair ensemble aux affaires : « Pourquoi irais-je parier sur ce qui pourrait être ». Pourquoi pas, autrement dit, la paix, maintenant ?

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