Rien de comparable avec le Proche-Orient, mais la situation asiatique devient elle aussi préoccupante. Alors que l’économie chinoise donne tous les signes d’une nouvelle dégradation, alors que la Chine parait entrer ainsi dans une période d’incertitudes politiques, la Corée du Nord affirme maintenant avoir testé, hier matin, une bombe à hydrogène, une bombe H ou thermonucléaire, autrement plus puissante que les bombes atomiques lâchées, à la fin de la guerre, sur la Japon et, qui plus est, miniaturisée, c’est-à-dire susceptible d’être logée dans des missiles dont ce pays dispose et dont il fait régulièrement étalage.

Les Etats-Unis doutent que cette affirmation soit fondée. Comme tous les spécialistes des affaires nucléaires, ils estiment, et le disent, qu’il s’agit bien plutôt d’un coup de bluff car le régime nord-coréen ne maîtriserait pas encore le processus de fabrication d’une bombe H mais essai nucléaire il y a bien eu, tous les systèmes d’alerte en attestent, c’est le quatrième auquel ce pays procède depuis 2006 et cela suffit amplement à aggraver la tension régionale.

Le Japon parle d’une « sérieuse menace » pour sa sécurité car il est à portée des missiles nord-coréens. La Corée du Sud se dit prête à toutes les mesures possibles et ces deux pays pourraient ainsi décider d’améliorer leur défense anti-missiles en se rapprochant encore plus des Etats-Unis.

Il y aurait une logique à cela puisque ni Séoul ni Tokyo ne pourraient prendre cette alerte à la légère mais une telle évolution de la donne stratégique en Asie serait très mal acceptée par la Chine qui s’inquiète déjà de voir ses voisins resserrer leurs liens avec Washington par crainte de sa puissance et de son agressivité militaires.

Il y a un danger d’engrenage et de surenchères et il est tel que le Conseil de sécurité des Nations Unies, réuni dans la journée, a aussitôt condamné la Corée du Nord et annoncé de nouvelles sanctions contre elle.

Chine comprise, la réaction des grandes puissances est rapide et ferme mais la vérité est qu’aucune d’entre elles ne sait trop comment faire cesser les provocations nord-coréennes. Non seulement personne ne songe même à entrer en guerre avec ce pays et à allumer ainsi la mèche de la poudrière asiatique mais, si ubuesque soit-il, personne ne souhaite non plus l’effondrement de ce régime.

Chacun craint le chaos qui s’ensuivrait. La Corée du Sud n’a aucune envie de prendre en charge le coût d’une réunification dont elle se passe très bien. Quant à la Chine, quant à cette alliée de la Corée du Nord qui en est venue, tant elle est lasse d’elle, à voter sa condamnation par le Conseil de sécurité, elle ne souhaite pas voir émerger à sa frontière une Corée unifiée.

Le résultat est que ce régime a tous les moyens de mener une partie dont les objectifs sont parfaitement clairs. N’obéissant à personne et n’en faisant qu’à sa tête, il veut simplement acheter sa survie en faisant chanter la terre entière pour obtenir des aides alimentaires et des garanties de pérennité. Jusqu’à présent, ça n’a pas si mal marché.

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