Où l'on voit comment et pourquoi l'unité de l'Europe est redevenue tendance

Cette chronique s’interrompt aujourd’hui pour l’été. C’est un moment qui appelle les bilans mais que retenir de ces derniers mois ? L’élection de Donald Trump ? Celle d’Emmanuel Macron ? Les tensions créées par les essais nucléaires et balistiques de la Corée du Nord ?

Tous ces événements, et bien d’autres, mériteraient qu’on revienne sur eux mais le plus inattendu de tous, le plus prometteur aussi, est la renaissance européenne car…

A l’automne encore, hier matin, tout semblait menacer l’Union. L’une de ses trois premières puissances économiques, la Grande-Bretagne, venait de la quitter. On pouvait craindre que d’autres des Etats membres ne suivent cette voie puisque les extrêmes-droites europhobes, partout, avaient le vent en poupe.

Elles étaient aux portes du pouvoir aux Pays-Bas. L’ascension de Mme Le Pen était tellement impressionnante en France que l’hypothèse d’un Frexit et donc d’une mort de l’Union n’était plus inenvisageable. Le pronostic devenait d’autant plus réservé qu’il n’y avait plus guère, nulle part, de personnalités et de grands partis pour se risquer à défendre l’unité de l’Europe et puis, d’un coup, tout s’est renversé, l'Union est redevenue tendance.

La première raison en est qu’il ne faut jamais négliger l’intelligence des peuples.

Les Européens désaimaient l’Europe parce qu’ils l’avaient vue entrer dans leurs vie quotidienne sous forme de réductions des dépenses publiques et non pas de relance de la croissance, de baisse du chômage et de nouvelles réussites communes aussi flatteuses qu’Airbus. Ils ne détestaient donc pas ceux qui pourfendaient l’Union en promettant de marcher sur Bruxelles mais lorsqu’ils l’ont sentie perdre pied et commencer à se déliter, non, ils n’ont pas voulu cela.

Ils ont alors refusé l’aventure et l’opinion s’est définitivement retournée lorsque Donald Trump s’est ajouté à Daech et Vladimir Poutine. Il y a avait déjà les djihadistes au Sud, les nostalgies russes à l’Est, mais un irresponsable à la Maison-Blanche, cela faisait trop. Pour les Européens, chacun l’a compris, il n’était plus temps de se désunir mais de ravaler sa colère et de serrer les rangs.

L’incertitude internationale l’imposait et, tandis que les extrêmes-droites perdaient du terrain et que les Britanniques se demandaient où les menait leur Bexit, les Français ont élu un président de 39 ans qui avait fait campagne en faisant acclamer l’Union et jurant de la remettre sur ses rails.

Quelques semaines plus tard, Emmanuel Macron faisait acter les premiers débuts d’un Défense commune. Depuis Kohl et Mitterrand, jamais la connivence franco-allemande n’aura été aussi grande. Tout bouge et va bouger dans cette Union qui sort d’une longue langueur car, comme la politique, la scène internationale a horreur du vide et le monde besoin d’une Europe puissance à même de canaliser ses chaos que les Etats-Unis, eux, ne font plus qu’aggraver. Cette renaissance est une résurrection. Il ne reste, maintenant, plus qu’à transformer l’essai.

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