Deux sondages parmi des dizaines publiés toutes les semaines en Grande-Bretagne...

Deux sondages parmi des dizaines publiés toutes les semaines en Grande-Bretagne pour prendre le pouls de l'électorat à 15 jours du référendum pour ou contre le maintien au sein de l'Union européenne.

Deux petits sondages, rien de plus, et c'est déjà la panique ! D'abord parce que l'un de ces sondages a été commandé par le Guardian, quotidien pro-européen et peu soupçonnable de favoriser les « nonistes ». Ensuite, parce que les deux ont été faits par internet, une méthode sensée favoriser les « ouistes ». Et quand je parle de panique, je n'exagère pas : la semaine dernière, les « nonistes » s'époumonaient jusqu'au point Godwin, comparant l'Union européenne au Troisième Reich. Aujourd'hui, se sont les « ouistes » qui s'empoignent.

« Nonistes », « ouistes », on se croirait en France lors du référendum de 2005 pour ou contre la constitution européenne... A regarder la campagne britannique, on dirait une illustration de la citation de Marx : « l'Histoire se répète deux fois, la première comme une tragédie, la seconde comme une farce ». Comme en 2005 en France, les « ouistes » donnent dans le catastrophisme, prédisent un chômage massif et promettent un naufrage économique, alors que la Grande-Bretagne baigne dans le plein emploi. Ils multiplient les rapports savants que personne ne lit et auxquels personne ne croit, ils mettent en avant les chevaux de retour de la politique britannique, comme John Major, ancien Premier Ministre, et tombeur de Margaret Thatcher dans les années 1980. C'est comme si vous demandiez à Brutus de faire l'éloge funèbre de César ! Sans compter que le 1er ministre David Cameron, est un partisan de l'Europe très paradoxal. Tout le monde sait en Grande-Bretagne qu'il n'a jamais aimé l'Europe. Le pire est encore lorsqu'il s'est produit au côté du nouveau maire de Londres Sadiq Khan.

Biensur, c'est plutôt une bonne idée que de tenter de rassembler le camp du « oui » des travaillistes aux centristes... si quinze jours plus tôt Cameron n'avait pas traité Sadiq Khan de "suppôt du djihadisme" ! Le comble de l’hypocrisie, en somme. Non, s'ils veulent l'emporter, les « ouistes » britanniques doivent arrêter le catastrophisme, mobiliser l'électorat travailliste, qui est au deux tiers favorable au maintien dans l'Union. Surtout, il va falloir parler d'Europe ! Les Britanniques ont la chance d'avoir une reine qui, à 90 ans, a vécu la Seconde Guerre Mondiale. Les Britanniques portent à la boutonnière, tous les mois de novembre, un coquelicot pour se souvenir de la Première Guerre Mondiale. S'il y a bien un peuple à qui l'on peut parler d'Histoire, de guerre et d'Europe unie, ce sont bien les Britanniques. Alors, messieurs les Anglais pro-européens, mettez un peu de lyrisme dans cette bataille de chiffres et de chiffonniers que vous êtes en train de perdre !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.