C'est la boîte de Pandore que Donald Trump pourrait ouvrir samedi au Proche-Orient

Plus que cinq jours. Dans cinq jours au plus tard, samedi 12 mai, le monde saura si Donald Trump retire ou non les Etats-Unis du compromis nucléaire que les grandes puissances et l’Iran avaient passé en 2015. Dès hier, le président iranien, Hassan Rohani, déclarait que « si l’Amérique dénonçait cet accord, elle en concevrait des remords historiques » car « les ordres nécessaires, a-t-il ajouté sans plus de précisions, ont été donnés à notre organisation de l’énergie atomique ». 

Emmanuel Macron a, lui, estimé que, si nous en arrivions là « nous ouvririons la boîte de Pandore » et qu’il «  pourrait y avoir une guerre », appréciation qui n’a rien d’exagéré puisqu’en 2015 déjà, au moment de la signature de ce compromis, John Kerry, alors chef de la diplomatie américaine, avait déclaré qu’une guerre venait peut-être d’avoir été évitée car la poursuite du programme nucléaire iranien n’aurait laissé qu’une alternative. 

Ou bien des frappes y mettaient provisoirement terme mais ouvraient les portes d’un complet chaos régional ou bien l’Iran accédait à la bombe, l’Arabie saoudite et la Turquie en faisaient autant et, compte tenu de la force de frappe israélienne, on dénombrait quatre puissances nucléaires au Proche-Orient de tous les dangers. 

Or l’alternative est la même aujourd’hui, exactement la même. 

Peut-être Donald Trump inventera-t-il une manière de dénoncer ce compromis sans le dénoncer formellement. Ce n’est pas exclu mais, même alors, le compromis de 2015 en serait torpillé car les entreprises occidentales n’oseraient plus aller investir en Iran et le régime iranien s’en trouverait perdant sur tous les tableaux : renonciation à la puissance nucléaire et non intégration à l’économie mondiale. 

Sauf si Donald Trump abandonnait son idée de sortir de ce compromis, le monde entrera dimanche dans une incertitude redoublée et cela pour deux raisons. 

La première est que, depuis le second mandat de Georges Bush, les Etats-Unis ne veulent plus être les gendarmes du monde et qu’aucun nouvel équilibre n’a encore remplacé celui d’hier car l’Union européenne ne s’est toujours pas décidée à s’affirmer en puissance politique. 

C’est la raison de fond et la deuxième est que les Etats-Unis sont aujourd’hui aux mains d’un président dont l’incompétence ne le dispute qu’à la vulgarité. Car enfin voilà un homme qui, entre l’enquête russe et ses démêlées avec une ancienne maitresse, n’a rien trouvé de mieux que d’expliquer qu’il n’y aurait pas eu autant de morts au Bataclan si les armes avaient été en vente libre en France. 

Bon sang mais c’est bien sûr ! Mettons les armes en vente libre et il n’y aura plus de tueries de masse en Europe, pas plus qu’aux Etats-Unis où chacun sait, n’est-ce pas, qu’il n’y en pas, jamais. Enfin… Jamais, M. Trump ? 

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