A voir les sondages, la cause est entendue. La droite l’emportera contre la gauche, le Likoud contre les Travaillistes, mais chaque camp doit encore choisir son champion et ce choix pourrait changer bien des choses. A droite, deux hommes. D’un côté, Ariel Sharon ; de l’autre, Benyamin Netanyahou. Le premier a échoué dans tous les domaines puisque les attentats n’ont jamais été aussi nombreux et les difficultés économiques aussi grandes que sous son gouvernement mais, il est populaire. C’est lui qui donne toutes ses chances à la droite car l’électorat ne voit plus comment parvenir à la paix et apprécie donc ce Premier ministre qui avait au moins su maintenir l’unité nationale jusqu’à ce que les Travaillistes la rompent, la semaine dernière. Face à lui, Benyamin Netanyahou, ancien Premier ministre et nouveau Ministre des affaires étrangères du gouvernement de transition, incarne une droite beaucoup plus dure encore. Il réclame, lui, l’expulsion de Yasser Arafat et le démantèlement de l’Autorité palestinienne. A ses yeux, Ariel Sharon est un mou et il a, pour lui, l’appareil du Likoud et l’extrême-droite avec laquelle le Premier ministre sortant a refusé de faire alliance. Entre eux, la bataille sera sauvage et, pour gagner, Ariel Sharon, 74 ans, devra jouer les militants contre l’appareil alors que son adversaire, 53 ans, est prêt à toutes les surenchères. A gauche, trois hommes. Benyamin ben Eliezer, ministre de la Défense du gouvernement sortant, est l’homme qui a rompu l’alliance avec la droite car les militants travaillistes n’en voulaient plus. Il comptait ainsi s’assurer leur soutien mais ce sursaut a été si tardif que Benyamin ben Eliezer semble hors-jeu. L’étoile qui monte à gauche, le candidat qu’elle devrait désigner le 19 novembre prochain, est un général, Amram Mitzna, maire d’Haïfa, la seule ville du pays où Arabes et Juifs coexistent harmonieusement. Héros de toutes le guerres israéliennes, le général Mitzna, belle carrure, barbe et lunettes, est un homme réservé, presque timide, sans charisme, mais sa manière de parler vrai redonne une crédibilité à la paix. « Il est stupide, dit-il, de refuser de négocier tant que durera le terrorisme car cela revient à laisser les terroristes fixer l’agenda politique ». « Il faut rouvrir les négociations sans conditions et avec qui les Palestiniens désigneront, ajoute-t-il, car aujourd’hui, les Israéliens ont compris qu’il n’y aurait pas de sécurité sans paix et les Palestiniens que la violence ne ferait pas céder Israël ». « Nous devons, dit-il encore, reprendre les pourparlers au point atteint en janvier 2001 » - sur la base, autrement dit, d’un partage de Jérusalem et de la création d’un Etat palestinien sur l’ensemble des Territoires occupés. Et puis une idée encore : il faut, explique-t-il, dresser une barrière de sécurité entre Israël et la future Palestine non seulement pour empêcher les attentats mais aussi pour tracer les frontières entre les deux Etats, en faire, dès à présent, une réalité. Sur ce point, il est rejoint par Haïm Ramon, le troisième des candidats à l’investiture travailliste, l’homme de l’appareil avec lequel il pourrait faire tandem. Même battu par la droite, le général Mitzna est en passe de reconstituer le camp de la paix, de lui donner son nouveau Rabin.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.