Une percée n’est plus impossible. On n’en est pas encore, loin de là, à un vrai compromis sur la question du nucléaire iranien mais les discussions qui reprennent aujourd’hui à Genève entre la République islamique et les grandes puissances pourraient peut-être déboucher, demain, sur un accord intérimaire, sur des « mesures de confiance » comme on disait du temps de la Guerre froide, qui pourraient permettre d’aller ensuite plus avant.

« On a beaucoup travaillé », « on bosse bien », « on a avancé », entend-on maintenant du côté occidental et, côté iranien, le ton a décidément changé. Ce n’est plus seulement qu’on en fasse beaucoup pour affirmer une rupture avec les années Ahmadinejad, celles de l’intransigeance absolue, des provocations permanentes et du refus, en un mot, de renoncer à doter l’Iran de l’arme nucléaire. C’est aussi que l’équipe du président réformateur élu au début de l’été fait montre d’une nouvelle assurance comme si elle croyait vraiment à la possibilité d’un accord qui mènerait à la levée des sanctions économiques et ferait alors de ce président et ses hommes une vraie force sur la scène intérieure iranienne.

« Le courage, ce n’est pas de dire non mais d’être prêt à des concessions réciproques », dit cette équipe ». « A l’heure de la mondialisation, il n’y a pas de sécurité qui ne soit fondée sur un dialogue international », ajoute-t-elle comme pour dire, contrairement aux conservateurs iraniens, que ce n’est pas l’accession à la bombe mais une détente avec les grandes puissances qui assurera la pérennité du régime en place et ce n’est pas tout.

Lorsqu’on interroge ces réformateurs sur la place qu’occupe aujourd’hui le Guide suprême, le chef de la superstructure religieuse qui coiffe, en Iran, les institutions républicaines et le président de la République lui-même, ces hommes répondent tranquillement que l’ayatollah Khamenei, l’incarnation du conservatisme, est une autorité religieuse – autrement dit religieuse et non pas politique – qui veille à la défense des intérêts nationaux du pays mais ne le dirige pas au jour le jour et doit donc tenir compte des aspirations populaires. En clair, les Iraniens ont voté pour la recherche d’un compromis avec les grandes puissances, le Guide ne peut pas l’ignorer et cela nous donne les coudées franches.

On frôle là le crime de lèse-majesté et le fait que les réformateurs de l’équipe présidentielle ne craignent plus de s’en approcher parait indiquer qu’ils sont sûrs de pouvoir remplir leur mandat électoral en trouvant un accord sur le nucléaire et de devenir ainsi incontournables et intouchables à Téhéran. On verra. Rien n’est sûr mais, oui, les choses bougent.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.