C’est, de loin, le plus grand parti des Etats-Unis...

Aux terrasses des bistrots, au volant des taxis, parmi les amis que vous interrogez et parmi, même les politologues et journalistes les plus avertis, ceux des Américains qui ne savent pas qui remportera cette présidentielle constituent, ce matin, l’écrasante majorité des électeurs.

Alors, certes, le vent semble à nouveau tourner en faveur d’Hillary Clinton. Le FBI vient finalement de l’exonérer de toute atteinte à la sécurité de l’Etat dans l’affaire des e-mails. Un sondage lui redonnait hier quatre points d’avance sur Donald Trump. En Floride et dans le Nevada, deux des swing states, des Etats encore hésitants qui feront l’élection, on vient de noter une participation exceptionnelle des électeurs d’origine hispanique aux derniers jours du vote anticipé.

C’est évidemment la crainte de voir gagner un homme dont la percée avait été due à sa promesse de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique qui les a mobilisés. Tout cela est bon signe pour la candidate démocrate mais il s’agit plus, pour l’heure, d’une légère brise que d’un grand vent et l’incertitude reste telle qu’un petit entrepreneur partisan d’Hillary Clinton - anecdote significative - vient d’inventer l’échange de votes sous le mot d’ordre « NeverTrump », « JamaisTrump », en un seul mot et deux majuscules.

Beaucoup des électeurs des trois autres candidats à la présidentielle, s’est-il dit, des électeurs des petits candidats vert, libertarien et mormon, ne veulent ni renoncer à leur vote ni voir élire Trump. Il a donc mis au point une application permettant à des électeurs démocrates de voter Jill Stein, Gary Johnson ou Evin McMullin dans des Etats acquis à Hillary Clinton tandis que des écolos, des mormons ou des libertariens voteraient, en échange, voix pour voix, pour la candidate démocrate dans les Etats où elle risque de perdre.

Ca plait Ca marche.et la raison en est encore et toujours ce suspense auquel cette appli ne changera pas grand-chose mais dont le succès dit toute l’ampleur qui tient, au fond, à deux choses.

Sauf rare exception, toutes les élections démocratiques se jouent toujours à quelques points. C’est la première explication mais, en l’occurrence, on est face à deux refus et non pas à deux choix opposés.

Il y a, d’un côté, ceux qui ne veulent pas d’une victoire d’Hillary Clinton parce qu’ils l’identifient à la scène politique de ces vingt dernières années sur laquelle elle n’a cessé de jouer un rôle. Ils ne veulent pas d’elle car elle est, à leurs yeux, l’une des responsables de bouleversements de l’économie, des mœurs ou des deux auxquels ils veulent mettre terme, Ceux-là croient voter contre la désindustrialisation ou la montée des femmes et, de l’autre côté, on entend faire barrage à un démagogue imprévisible surfant sur un mécontentement croissant et dont le programme se résume à un mur et une promesse de sortir de Washington, les sortants, républicains et démocrates.

La scène américaine ne fait qu’anticiper la scène européenne.

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