Ou les quatre méfaits de Donald Trump

Il y a un an aujourd’hui qu’il a été élu. Il n’y a que neuf mois qu’il exerce ses fonctions. A l’échelle de l’Histoire, cela ne fait qu’une poignée de secondes mais elles ont suffi à Donald Trump pour tout aggraver à l’état du monde. 

        Le premier de ses méfaits est d’avoir fait une moquerie des libertés et de l’Etat de droit. Les Etats-Unis ont toujours des contre-pouvoirs et remarquablement efficaces mais, maintenant que ce pays s'est donné pour président un lunatique aux côtés duquel Silvio Berlusconi ferait presque figure de sage, comment pourrait-il continuer à donner des leçons au reste du monde ? Après en avoir si longtemps été le rempart, l’Amérique humilie la démocratie et, si c’est le plus insupportable, ce n’est pas tout.

Le deuxième méfait de cet homme est d’avoir mis en doute l’alliance des grandes démocraties. Jusqu’à Trump, l’alliance formée par l’Europe et les Etats-Unis semblait indéfectible mais, en faisant comprendre qu’à ses yeux, l’indépendance de l’Estonie n’était pas forcément un casus belli pour les Etats-Unis, le candidat Trump a gravement affaibli l’instrument de défense commune des démocraties qu’est l’Alliance atlantique. 

On peut se dire, car c’est vrai, que les Etats-Unis ont ainsi convaincu les Européens de se doter de forces armées qui leur soient propres mais après avoir humilié la démocratie, Donald Trump l’a durablement désarmée et le troisième de ses méfaits est d’avoir valorisé le nationalisme et la force au détriment du multilatéralisme et de la négociation. 

En faisant d’« America first », de « l’Amérique d’abord », le nouveau credo des Etats-Unis, Donald Trump a réhabilité l’égoïsme des nations, la primauté de leurs intérêts immédiats, le chacun pour soi et le tous contre tous. Il a ainsi rendu le monde encore plus instable qu’il ne l’était et le quatrième de ses méfaits, le plus inquiétant de tous, est d’avoir, par sa seule élection, placé la bêtise aux commandes des Etats-Unis. 

Chaque jour, chacun de ses tweets est une gifle à l’intelligence et lui-même en est une telle que l’essentiel du travail de ses collaborateurs est de l’empêcher de commettre de trop irréparables bévues. 

Ils y arrivent souvent. Grâce leur en soit rendue, mais ils n’ont pas pu dissuader leur patron de dénoncer le traité nucléaire passé avec l’Iran et d’ainsi mettre en doute la parole des Etats-Unis et compromettre la possibilité de passer un compromis du même type avec le régime nord-coréen. Donald Trump devrait dire aujourd’hui, en Corée du Sud, comment il entend maintenant gérer cette crise, comment il pourrait maintenant éviter, sans fuite en avant militaire, que Pyongyang n’ait la bombe, que l’Asie n’en soit profondément déstabilisée et que la dissémination ne devienne irrépressible. L'optimisme n'est pas de mise.

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