En remportant une nette majorité à la Chambre des Représentants aux élections de mi-mandat aux États-Unis, l’opposition démocrate va compliquer la deuxième partie du mandat du Président, qui parvient néanmoins à limiter la casse en conservant le Sénat.

Alexandra Ocasio-Cortez, 29 ans, benjamine du Congrès, l'un des nouveaux visages de l'Amérique après les élections de mi-mandat mardi 6 novembre 2018.
Alexandra Ocasio-Cortez, 29 ans, benjamine du Congrès, l'un des nouveaux visages de l'Amérique après les élections de mi-mandat mardi 6 novembre 2018. © AFP / Don EMMERT / AFP

C’est une incontestable victoire démocrate, mais les Républicains limitent la casse. C’est ainsi que l’on pourrait résumer les résultats de ces élections de mi-mandat aux États-Unis, les plus disputées depuis des décennies dans ce pays divisé. 

Donald Trump avait voulu faire de ces élections intermédiaires un référendum sur les deux premières années de son mandat : il l’a perdu, mais pas autant que l’espéraient ses opposants.

A l’arrivée, la deuxième moitié de son mandat de quatre ans ne va pas être une partie de plaisir, avec la nette victoire des Démocrates à la Chambre des Représentants, l’une des deux assemblées qui constituent le Congrès des États-Unis. 

Il va désormais devoir composer, faire des compromis, répondre à des injonctions, ce n’est pas dans sa nature, et ça change la règle du jeu qu’il avait imposée. Donald Trump avait gouverné jusqu’ici sans réel contre-pouvoir, c’est terminé.

La clé de la poussée des démocrates à la Chambre a été dans leur capacité à faire émerger, et à faire gagner, une vraie diversité de candidats à la Chambre des Représentants. 

Les femmes, en particulier, ont été la clé de leur forte progression, avec des profils étonnants, jamais vus au Congrès jusque-là. Comme Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, issue de l’aile gauche du parti démocrate, élue avec 75% des voix à New York, ou Sharice Davids, première amérindienne, homosexuelle, élue dans le Kansas, ou encore Ilhan Omar, ex-réfugiée somalienne qui devient l’une des deux premières femmes musulmanes élues aux États-Unis, ou Rebecca Sherrill, ex-pilote d’hélicoptère de l’aéronavale !

Cette diversité dans le genre, les origines ethniques, les orientations sexuelles, les générations, a fait basculer le fameux « suburbia », les quartiers résidentiels des villes qui sont le cœur de la société américaine. Ce message d’unité de l’Amérique dans sa diversité était directement opposé au discours de division et de peur de Donald Trump - et il a payé.

Les Républicains limitent la casse : ils conservent le contrôle du Sénat, ce qui était attendu, mais ont également remporté des victoires significatives face à des stars montantes démocrates, notamment dans les courses aux postes de gouverneur en Floride ou au Texas, deux États importants qui étaient menacés.

Cette capacité des Républicains, et de Donald Trump lui-même, à conserver des bastions, devrait permettre au Président de se consoler, et de se convaincre qu’il n’a pas totalement perdu pied.

La question est désormais celle de sa capacité à faire passer son agenda avec une Chambre démocrate qui promis de lui mener la vie difficile ; et surtout celle de la campagne acharnée qui s’annonce pour sa réélection en 2020. 

C’est aussi un Président américain affaibli qui apparait sur la scène mondiale, loin du Trump arrogant des deux premières années. A Paris, Pékin ou Téhéran, ça n’est pas indifférent.

A ceux qui s’inquiétaient de voir la concentration des pouvoirs aux États-Unis, les électeurs américains ont en tous cas donné une belle leçon de démocratie.

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