Imaginerait-on que, soutenu par une pléiade de grands patrons, pas tous les patrons, loin s’en faut, mais beaucoup d’entre eux, le secrétaire-général de la CGT entre à l’Elysée ? L’hypothèse n’aurait pas de sens mais c’est pourtant ce qui devrait se produire au Brésil. Arrivé largement en tête, hier, du premier tour de l’élection présidentielle (00% des voix), Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », ouvrier métallurgiste, syndicaliste et candidat du Parti des travailleurs, a maintenant toutes chances d’être élu au second tour, le 27 octobre. Les marchés vont tanguer. La monnaie brésilienne va, sans doute, dévisser à nouveau car ce futur président a trop longtemps trouvé des mérites au castrisme pour ne pas seulement inquiéter l’argent mais susciter, aussi, des craintes légitimes. Cette élection peut rapidement tourner au pugilat entre Lula et les marchés financiers mais, au-delà de premières secousses, l’affrontement n’est pas certain. Le plus probable est, au contraire, qu’il soit, au bout du compte, évité pour trois raisons. La première est que le Brésil est le pays le plus vaste, le plus riche et le plus peuplé d’Amérique latine, la neuvième économie du monde et que personne ne pourrait se permettre de jouer la politique du pire avec une telle puissance. Si le Brésil, trop attaqué par les marchés, était contraint de se mettre en cessation de paiement, acculé à la faillite comme l’a déjà été l’Argentine, c’est tout le sous-continent qui plongerait, entraînant dans sa crise les Etats-Unis et, bien vite, le monde. L’état de l’économie mondiale commande la sobriété aux marchés et, signe des temps, le FMI tente depuis plusieurs semaines déjà de calmer le jeu et trouver un modus vivendi avec Lula. La deuxième raison est que ce n’est pas un bolchevik que les Brésiliens ont plébiscité. Né des grandes grèves ouvrières des années quatre-vingt, d’abord révolutionnaire, son parti est aujourd’hui réformiste, partisan de changements indispensables à ce pays mais profondément prudent en même temps. Les cinq gouverneurs et les 185 maires que le Parti des travailleurs comptait déjà se sont révélés bons gestionnaires, ouverts au compromis et par dessus tout, rompant avec la traditionnelle corruption des partis plus anciens. Pour de vrais entrepreneurs, créateurs de richesse et non pas simples héritiers de rentes acquises, cette honnêteté est un atout. Elle est un gage de croissance et de sécurité, la condition sine qua non d’une modernisation de ce pays qui ne deviendra jamais la puissance qu’il pourrait être sans une vraie réforme agraire et l’affirmation d’une classe moyenne, sans une augmentation des revenus permettant une véritable industrialisation, sans un passage de l’exportation de matières premières à la production de produits transformés. Le Brésil a besoin d’une révolution, économique, sociale et politique, et c’est pour cela que les plus intelligents des patrons brésiliens ont finalement soutenu Lula, considérant qu’il pouvait être l’homme d’une réforme sans révolution, de la négociation d’un pacte social sans lequel le Brésil continuerait de ne pas décoller. C’est la troisième raison d’espérer non seulement que les marchés ne paniquent pas mais aussi que Lula réussisse. (021007) Imaginerait-on que, soutenu par une pléiade de grands patrons, pas tous les patrons, loin s’en faut, mais beaucoup d’entre eux, le secrétaire-général de la CGT entre à l’Elysée ? L’hypothèse n’aurait pas de sens mais c’est pourtant ce qui vient de se produire au Brésil où un ancien ouvrier métallurgiste, syndicaliste et candidat du Parti des travailleurs, Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », a remporté, hier, l’élection présidentielle avec 00% des voix. Les marchés vont tanguer. La monnaie brésilienne va, sans doute, dévisser à nouveau car ce futur président a trop longtemps trouvé des mérites au castrisme pour ne pas seulement inquiéter l’argent mais susciter, aussi, des craintes légitimes. Cette élection peut rapidement tourner au pugilat entre Lula et les marchés financiers mais, au-delà de premières secousses, l’affrontement n’est pas certain. Le plus probable est, au contraire, qu’il soit, au bout du compte, évité pour trois raisons. La première est que le Brésil est le pays le plus vaste, le plus riche et le plus peuplé d’Amérique latine, la neuvième économie du monde et que personne ne pourrait se permettre de jouer la politique du pire avec une telle puissance. Si le Brésil, trop attaqué par les marchés, était contraint de se mettre en cessation de paiement, acculé à la faillite comme l’a déjà été l’Argentine, c’est tout le sous-continent qui plongerait, entraînant dans sa crise les Etats-Unis et, bien vite, le monde. L’état de l’économie mondiale commande la sobriété aux marchés et, signe des temps, le FMI tente depuis plusieurs semaines déjà de calmer le jeu et trouver un modus vivendi avec Lula. La deuxième raison est que ce n’est pas un bolchevik que les Brésiliens ont plébiscité. Né des grandes grèves ouvrières des années quatre-vingt, d’abord révolutionnaire, son parti est aujourd’hui réformiste, partisan de changements indispensables à ce pays mais profondément prudent en même temps. Les cinq gouverneurs et les 185 maires que le Parti des travailleurs comptait déjà se sont révélés bons gestionnaires, ouverts au compromis et par dessus tout, rompant avec la traditionnelle corruption des partis plus anciens. Pour de vrais entrepreneurs, créateurs de richesse et non pas simples héritiers de rentes acquises, cette honnêteté est un atout. Elle est un gage de croissance et de sécurité, la condition sine qua non d’une modernisation de ce pays qui ne deviendra jamais la puissance qu’il pourrait être sans une vraie réforme agraire et l’affirmation d’une classe moyenne, sans une augmentation des revenus permettant une véritable industrialisation, sans un passage de l’exportation de matières premières à la production de produits transformés. Le Brésil a besoin d’une révolution, économique, sociale et politique, et c’est pour cela que les plus intelligents des patrons brésiliens ont finalement soutenu Lula, considérant qu’il pouvait être l’homme d’une réforme sans révolution, de la négociation d’un pacte social sans lequel le Brésil continuerait de ne pas décoller. C’est la troisième raison d’espérer non seulement que les marchés ne paniquent pas mais aussi que Lula réussisse. (021007) Imaginerait-on que, soutenu par une pléiade de grands patrons, pas tous les patrons, loin s’en faut, mais beaucoup d’entre eux, le secrétaire-général de la CGT entre à l’Elysée ? L’hypothèse n’aurait pas de sens mais c’est pourtant ce qui devrait se produire au Brésil. Arrivé largement en tête, hier, du premier tour de l’élection présidentielle, Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », ouvrier métallurgiste, syndicaliste et candidat du Parti des travailleurs, a maintenant toutes chances d’être élu au second tour, le 27 octobre, voire même dès aujourd’hui, au premier tour, si les derniers décomptes lui sont favorables. Les marchés vont tanguer. La monnaie brésilienne va, sans doute, dévisser à nouveau car ce futur président a trop longtemps trouvé des mérites au castrisme pour ne pas seulement inquiéter l’argent mais susciter, aussi, des craintes légitimes. Cette élection peut rapidement tourner au pugilat entre Lula et les marchés financiers mais l’affrontement n’est pourtant pas certain. Le plus probable est, au contraire, qu’il soit, au bout du compte, évité pour trois raisons. La première est que le Brésil est le pays le plus vaste, le plus riche et le plus peuplé d’Amérique latine, la neuvième économie du monde et que personne ne pourrait se permettre de jouer la politique du pire avec une telle puissance. Si le Brésil, trop attaqué par les marchés, était contraint de se mettre en cessation de paiement, acculé à la faillite comme l’a déjà été l’Argentine, c’est tout le sous-continent qui plongerait, entraînant dans sa crise les Etats-Unis et, bien vite, le monde. L’état de l’économie mondiale commande la sobriété aux marchés et, signe des temps, le FMI tente depuis plusieurs semaines déjà de calmer le jeu et trouver un modus vivendi avec Lula. La deuxième raison est que ce n’est pas un bolchevik que les Brésiliens ont plébiscité. Né des grandes grèves ouvrières des années quatre-vingt, d’abord révolutionnaire, son parti est aujourd’hui réformiste, partisan de changements indispensables à ce pays mais profondément prudent en même temps. Les cinq gouverneurs et les 185 maires que le Parti des travailleurs comptait déjà se sont révélés bons gestionnaires, ouverts au compromis et par dessus tout, rompant avec la traditionnelle corruption des partis plus anciens. Pour de vrais entrepreneurs, créateurs de richesse et non pas simples héritiers de rentes acquises, cette honnêteté est un atout. Elle est un gage de croissance et de sécurité, la condition sine qua non d’une modernisation de ce pays qui ne deviendra jamais la puissance qu’il pourrait être sans une vraie réforme agraire et l’affirmation d’une classe moyenne, sans une augmentation des revenus permettant une véritable industrialisation, sans un passage de l’exportation de matières premières à la production de produits transformés. Le Brésil a besoin d’une révolution, économique, sociale et politique, et c’est pour cela que les plus intelligents des patrons brésiliens ont finalement soutenu Lula, considérant qu’il pouvait être l’homme d’une réforme sans révolution, de la négociation d’un pacte social sans lequel le Brésil continuerait de ne pas décoller. C’est la troisième raison d’espérer non seulement que les marchés ne paniquent pas mais aussi que Lula réussisse.

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