Désormais rétifs à toute entrée en guerre, les Etats-Unis n’ont pour autant pas renoncé à traquer et frapper les organisations terroristes. Alors même qu’il a sorti son pays d’Irak, l’extrait d’Afghanistan et a tout fait pour ne pas l’engager en Syrie, Barack Obama a personnellement approuvé les opérations de commando qui ont conduit, ce week-end, au coup de main contre un quartier-général des shebab somaliens, responsables de la tuerie de Nairobi, et à l’enlèvement, en Libye, de l’organisateur des attentats de 1998 contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya.

Barack Obama répond ainsi parfaitement aux aspirations d’Américains qui ne veulent plus d’interventions militaires mais veulent, en revanche, se sentir protégés contre le terrorisme, où qu’il frappe. Opinion publique et président, les Etats-Unis ne veulent autrement dit plus façonner le monde mais y défendre leurs intérêts et leur sécurité et cette complète adéquation entre la Maison-Blanche et le sentiment général des électeurs, pourrait considérablement renforcer la position intérieure de Barack Obama.

D’abord adulé, ce président avait déçu sur la fin de son premier mandat. Ses partisans comme ses adversaires le disaient indécis, moins prompt à agir qu’à trop longtemps peser le pour et le contre de toute décision et chercher, surtout, à bâtir des consensus auxquels l’opposition républicaine ne souhaitait de toute manière pas aboutir. Sa seconde victoire présidentielle avait ensuite modifié cette appréciation. Barack Obama avait bluffé tout le monde en se faisant brillamment réélire mais il n’avait alors fallu que quelques mois pour que les mêmes reproches d’indécision lui soient à nouveau adressés.

C’est là qu’on en était à la rentrée de septembre mais, avant même ces opérations de commandos, le vent avait recommencé à tourner, pour trois raisons. En brandissant la menace de frappes contre le régime syrien, Barack Obama avait amené la Russie, premier point, à proposer le désarmement chimique de Damas puis à voter une résolution du Conseil de sécurité qui a fait de cette proposition une décision internationale.

Le chemin d’un règlement politique négocié pourrait bien s’être ouvert à cette occasion. Il n’est plus impossible que la Russie veuille enfin œuvrer à un compromis permettant une transition sans Bachar al-Assad et, alors même que ce pas était fait, Barack Obama, deuxième point, a su faire baisser la tension autour du nucléaire iranien. Il a trouvé les mots justes, précis, millimétrés pour faire comprendre qu’il accepterait de répondre aux avances du nouveau président iranien et de chercher un compromis avec lui.

Ce compromis est aujourd’hui devenu non pas certain mais probable. Une très incertaine guerre pourrait en être évitée et, troisième point, Barack Obama paraît maintenant devoir sortir victorieux de l’épreuve de force que les Républicains ont engagé sur le budget. Il a le soutien de l’opinion. Eux-mêmes divisés, les Républicains ne pourront pas aller jusqu’à ébranler la confiance dans l’économie américaine. Ils devront tôt ou tard reculer et, pendant qu’ils se livrent à cette inutile guérilla, le président s’occupe, lui, de la sécurité nationale.

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