L’Union européenne est à réinventer et, surtout, à réenchanter. Ses institutions sont illisibles, ses processus de décision inadaptés à la taille qu’elle a prise et ses règlements trop intrusifs alors même que ses politiques communes sont inexistantes dans des domaines essentiels.

C’est si vrai qu’Angela Merkel et François Hollande tenteront aujourd’hui de redonner des objectifs mobilisateurs à l’Union devant le Parlement européen mais, ces évidences rappelées, regardons l’actualité de la journée d’hier.

Hier, les séparatistes ukrainiens ont annoncé le report à l’année prochaine des élections qu’ils comptaient organiser cet automne à Lougansk et Donetsk.Ils ne créeront ainsi pas de fait accompli. Ils n’acculeront pas l’Ukraine à une dénonciation des Accords de Minsk. Ils donnent, au contraire, du temps à la diplomatie pour parvenir à l’application de ces accords de paix si péniblement négociés en février dernier par la France, l’Allemagne et la Russie et, s’ils le font, c’est bien évidement que le Kremlin l’a voulu.

Cette décision des séparatistes marque un succès de l’Union qui avait su surmonter ses divergences sur l’Ukraine et dont les sanctions économiques ont dissuadé la Russie de faire monter les enchères. Les sanctions européennes ont fait assez mal à l’économie russe pour que Vladimir Poutine veuille leur levée et il y a aujourd’hui, grâce à l’Union, des raisons d’espérer que cette crise se résolve d’ici l’été.

Hier encore, l’Union européenne a annoncé l’ouverture de négociations avec la Turquie sur le drame des réfugiés syriens. Il y en a plus de deux millions en Turquie qui est devenue, via les îles grecques, leur grand point de départ vers l’Europe. Dans des modalités restant à déterminer, Turcs et Européens vont maintenant collaborer pour canaliser ce flux et faire le tri entre réfugiés politiques éligibles au droit d’asile et migrants économiques qui ne le sont pas. Lentement, trop lentement mais beaucoup plus vite qu’on aurait pu le croire, l’Union fait ainsi face à ce drame avec des politiques communes alliant le respect de ses valeurs humanistes, un renforcement du contrôle de ses frontières extérieures et la solidarité de ses Etats membres qui accueilleront tous des réfugiés en fonction de leurs possibilités au lieu de laisser la Grèce et l’Italie, leurs pays d’arrivée, se débrouiller seules.

Et puis hier toujours, les Vingt-huit, les 28 ministres de Finances de l’Union, sont parvenus à un accord d’échange automatique d’informations en matière fiscale qui entrera en vigueur en 2017. C’est une lutte commune contre l’évasion et la fraude fiscales qui se met en place. Aussi tardif qu’il soit, c’est un pas de géant qui vient d’être fait par l’Union, un pas absolument fondamental.

Alors une conclusion s’impose. Autant il reste beaucoup, énormément, à faire dans l’Union, autant ce n’est pas une raison de ne pas voir ce qu’elle fait et, surtout, ce qui ne se ferait pas sans elle.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.