La Commission européenne reçoit demain des associations de consommateurs de toute l’Union.

Huit jours après avoir infligé une amende record à Apple, la Commission entend les informer des moyens que la législation européenne leur offre de demander réparation à Volkswagen qui s'est assis, dans l’affaire des moteurs diesel, sur les directives européennes proscrivant les pratiques commerciales déloyales et interdisant les publicités mensongères.

Une multinationale américaine la semaine dernière, une multinationale européennes cette semaine, la Commission veut ainsi démontrer que, contrairement à ce qu’on dit à Washington, elle ne vise pas que les Etats-Unis dans un objectif de soutien aux entreprises européennes. Cela joue beaucoup dans sa démarche mais l’essentiel n’est pas là. En se rangeant, dans les deux cas, aux côtés des consommateurs et des contribuables, la Commission fait de la politique.

Elle en fait en veillant, comme les Traités lui en font obligation, au respect des règles européennes.

Soupçonnée par une large part des opinions européennes d’être tellement libérale qu’elle ne se soucierait que des grandes entreprises, elle veut donner à voir qu’il n’en est rien et bien au contraire.

L’enjeu est d’autant plus important qu’elle n’est pas seule à souffrir de cette réputation. C’est toute la pérennité de l’unité européenne qui en est mise en doute car les politiques de redressement des comptes publics imposées par la majorité que constituent, pour l’heure, les gouvernements libéraux valent une profonde impopularité à l’Union.

Comme la Commission, l’Union est désormais vue comme intrinsèquement libérale, acquise aux intérêts privés et hostile à la protection sociale, à la dépense publique et à la redistribution par l’impôt. C’est tout simplement faux. En matière d’austérité budgétaire, la Commission ne fait qu’appliquer les décisions de la majorité des gouvernements européens et s’il y a tant de libéraux parmi les Commissaires, c’est que ces mêmes gouvernements, ceux que nous élisons, les ont envoyés siéger à Bruxelles.

Avant que l’Union ne se meure, il est urgent d’établir les faits et rétablir la vérité et c’est ce à quoi s’emploie la Commission. A défaut de pouvoir harmoniser les fiscalités européennes pour empêcher le dumping fiscal entre pays européens, à défaut de pouvoir s’arroger un pouvoir qui est celui des seuls gouvernements, elle fait donc jouer, contre Apple et beaucoup d’autres bientôt, le respect du droit de la concurrence et l’interdiction des aides d’Etat.

A défaut de pouvoir poursuivre Volkswagen devant les tribunaux, elle indique aux associations de consommateurs les moyens qu’elles ont de le faire en invoquant les directives européennes. C’est pour défendre l’idée européenne, qu’en se servant de ses pouvoirs propres, la Commission fait de la politique.

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