Cela s’appelle un échec et il est grave. Après plus de deux mois de tractations, tentatives de compromis et moments d’espoir, les Etats-Unis ont annoncé, hier, qu’ils renonçaient à obtenir un nouveau gel de la construction israélienne dans les territoires occupés comme moyen de relancer les pourparlers directs entre les deux parties. A défaut, l’administration américaine entend, désormais, rechercher un accord sur la sécurité et les frontières qu’elle s’efforcerait de trouver en jouant les intermédiaires entre Israéliens et Palestiniens dont des délégations sont attendues, cette semaine, à Washington. On verra, mais force est de constater, pour l’heure, que l’intransigeance israélienne a fait jeter l’éponge à Barack Obama qui n’est, maintenant, plus guère en situation de faire vraiment avancer la paix puisqu’il ne dispose plus de majorité au Congrès. Pour l’heure, c’est l’échec, un échec d’autant plus intolérable que jamais autant de conditions aussi favorables à un règlement n’avaient été réunies. L’Autorité palestinienne est présidée par un homme, Mahmoud Abbas, qui est totalement décidé à parvenir à la coexistence de deux Etats et à accepter, pour cela, les compromis nécessaires. Son Premier ministre, Salam Fayyad, un ancien du Fonds monétaire international, a remporté de grands succès dans le redémarrage économique de la Cisjordanie et la construction d’une administration palestinienne digne de ce nom. Côté israélien, le ralliement du Likoud, le grand parti de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au principe de la création d’un Etat palestinien a créé une unanimité des grandes formations politiques israéliennes autour de ce principe. Du côté des pays arabes, enfin, la montée des mouvements islamistes, l’affirmation régionale de l’Iran chiite et la possibilité qu’il parvienne à se doter de la bombe ont totalement modifié la donne régionale en rapprochant les régimes sunnites et Israël qui ont, aujourd’hui, des ennemis communs. Les capitales arabes souhaitent aujourd’hui parvenir à un compromis israélo-palestinien qui leur permettrait d’œuvrer avec Israël contre al Qaëda et l’Iran. Toutes les conditions étaient ainsi rassemblées pour que ces pourparlers directs dont les Américains avaient permis l’ouverture, début septembre, puissent déboucher sur de vrais progrès mais, lorsque Benjamin Netanyahu, trois semaines plus tard seulement, a refusé de prolonger le gel des constructions dans les colonies, les Palestiniens se sont retirés des négociations car c’était la condition que, dès le départ, ils avaient mise à leur poursuite. Barack Obama a, ensuite, tenté d’offrir aux Israéliens de nouvelles aides économiques et militaires en échange de trois mois de gel supplémentaires. Benjamin Netanyahu était prêt à accepter ce donnant-donnant mais, devant l’opposition de sa droite, par crainte de voir éclater sa coalition, il a si bien reculé qu’il a suscité ce renoncement des Etats-Unis. Cela ne veut pas forcément dire qu’il n’y ait plus aucun espoir de règlement. La diplomatie secrète n’est pas forcément moins porteuse que des pourparlers directs mais cet échec n’est pas de bon augure.

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