Et où en est-il ? Où en est le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, à six semaines, demain, de sa prise de fonction ?

La question est d’importance, évidemment, puisque cet homme que Time magazine vient de sacrer « homme de l’année » dirigera la première puissance économique et militaire du monde mais la réponse… demeure difficile.

C’est à croire, d’abord, que Donald Trump est toujours candidat. Il continue de tweeter, 140 signes maximum sur tout et n’importe quoi. Il ne se comporte pas en chef d’Etat dont chaque mot devrait être pesé à l’aune de ses futures responsabilités. Non, il tweete, compulsivement et à toute heure, comme le candidat qu’il fut et dont les rafales de petits commentaires instantanés étaient destinées à faire de lui un candidat en rupture avec tous les usages, un candidat, comme on dit, anti-système.

Ca lui avait réussi mais, s’il persiste à se croire en campagne lorsqu’il occupera le Bureau ovale, la cohésion de son équipe gouvernementale et la diplomatie américaine risquent de beaucoup en souffrir, à moins que le monde ne s’habitue à ne pas tenir compte des humeurs du président des Etats-Unis et à devoir plutôt travailler avec son administration qu’avec lui.

Ce n’est pas inimaginable car, à l’époque où Donald Trump se cherchait encore un vice-président, il semblait envisager de lui déléguer l’essentiel et de ne se garder que ses relations publiques et son rapport direct avec les électeurs.

Tout est possible avec l’homme de l’année mais lorsque le président élu prend au téléphone la présidente de Taïwan, de la Chine nationaliste avec laquelle les Etats-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis leur reconnaissance de la Chine communiste, et se lance, ensuite, dans une série de critiques de Pékin, pas toutes infondées, bien au contraire, on peut se demander s’il sait ce qu’il fait et, si oui, ce qu’il veut.

Veut-il montrer aux dirigeants chinois qu’il n’a peur de rien afin de les amener à des concessions commerciales et politiques ? Veut-il rebattre les cartes avec, en tête, des idées claires ou fait-il des moulinets qu’apprécient certainement ceux des ouvriers dont les usines ont été fermées par le dumping chinois mais qui commencent à donner des sueurs froides aux plus grands exportateurs des Etats-Unis, à ces entreprises dont dépend l’économie américaine ? Ses collaborateurs eux-mêmes se le demandent, tout comme les capitales étrangères qui scrutent les nominations à la loupe.

Il a pris comme secrétaire général de la Maison-Blanche un cacique de l’appareil républicain. Cela rassure le Congrès mais il a nommé « stratège en chef » un homme de l’ultra droite qui aurait inquiété Attila. Le département d’Etat n’est toujours pas pourvu mais la Défense a été confiée au général Mattis, dit « le chien fou », pourfendeur de l’Iran mais très bienveillant à l’égard de la Russie. Les lobbies bancaire et énergétique sont très bien représentés dans cette équipe mais elle n’a pas de vrai profil, rien de lisible, comme si Donald Trump tenait avant tout à brouiller les cartes afin de rester seul maître à bord.

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