Les présidents chinois et français convergent sur deux points capitaux et la France est vue comme la force de renouvellement européenne

Il n’y a pas, pour le servir, que le vide politique. En Chine où il entame aujourd’hui une visite de trois jours, Emmanuel Macron bénéficiera, bien sûr, comme partout, sur tous les sujets de la perplexité internationale suscitée par le « génie » de Donald Trump, de l’effacement relatif que la longue formation de son gouvernement inflige à l’Allemagne et de la mise entre parenthèses de la Grande-Bretagne pour cause de Brexit.

        Le président français, c’est un fait, n’a pour l’instant pas de concurrent occidental sur la scène internationale où il prend ainsi des allures de chef de file du monde atlantique et, en tant que tel, de principal  interlocuteur de l’Afrique, du Proche-Orient et de l’Asie.

Cela ne durera pas éternellement mais, outre que cette situation peut se prolonger quelques temps, voire quelques années, et lui permettre de marquer des points politiques et commerciaux, la France bénéficie de deux autres atouts dans cette visite présidentielle à Xi’an puis Pékin.

Le premier est que Xi Jinping, le tout puissant président chinois auquel le congrès du Parti communiste vient de renouveler ses pouvoirs pour 5 ans, partage deux des principaux objectifs d’Emmanuel Macron.

Comme le président français qui en a fait sa cause depuis que Donald Trump s’en est retiré, il veut sauver l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique parce que les villes chinoises sont devenues irrespirables et que la défense de l’environnement est le seul sujet qui puisse aujourd’hui mobiliser et éventuellement structurer une opposition politique en Chine.

Sur ce sujet, la France et la Chine s’épaulent déjà et la seconde bataille commune à Xi Jinping et Emmanuel Macron est la défense du multilatéralisme, des règles et cadres, l’Onu au premier chef, par lesquels les différents Etats de la planète se sont obligés à prendre leurs décisions en commun et dans le respect des obligations qu’ils se sont fixés.

Ce multilatéralisme, Donald Trump ne fait pas mystère de vouloir s’en affranchir alors que Chinois et Français y tiennent à la fois parce qu’ils y voient une garantie contre le chaos des rapports de force à l’état brut et qu’il leur permet de jouer un rôle international plus important que celui auquel ils pourraient prétendre seuls.

Quant au deuxième atout d’Emmanuel Macron dans cette visite chinoise il est que la France est aujourd’hui la force de renouvellement de l’Union européenne, marché de quelque cinq cent millions de personnes aussi essentiel aux Chinois que le marché chinois l’est aux Européens. C’est ainsi qu’à Pékin, le président français parlera tout à la fois des échanges franco-chinois, bien évidemment, mais aussi des relations sino-européennes et de pratiquement tous les grands dossiers internationaux.

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