L’année s’achève. Dans tous les pays riches, on part en vacances ou s’apprête à le faire mais, sans compter l’inattendu, de lourds dossiers domineront une rentrée qui s’annonce difficile. L’Amérique latine, d’abord, vogue vers les tempêtes. L’Argentine, l’une de ses premières puissances, s’enfonce dans une épouvantable faillite qui non seulement la précipite dans la misère mais contamine aussi le Brésil et bien d’autres de ses voisins. Une crise majeure menace ce continent, d’autant plus grave que les Etats-Unis, trop occupés ailleurs, s’en désintéressent ; que la Colombie ne parvient plus à canaliser sa guérilla d’extrême-gauche, ses narco-trafiquants et son extrême-droite paramilitaire ; que le Venezuela demeure dangereusement divisé entre adversaires et partisans de son président, Hugo Chavez, et que le Brésil pourrait bien élire, à l’automne, un nouveau chef d’Etat venu de la gauche radicale dont la montée dans les sondages fait déjà fuir les capitaux, étrangers et nationaux. L’Amérique latine, l’an prochain, va tanguer alors même qu’en Asie du Sud-Ouest et au Proche-Orient rien ne s’arrange. La tension entre l’Inde et le Pakistan ne connaît aujourd’hui qu’une pause, extrêmement fragile car, tandis qu’un remaniement indien vient d’adjuger des postes clés aux hindouistes les plus radicaux, l’instabilité croît au Pakistan où Pervez Musharaff fait face à une contestation toujours plus ouverte et, surtout, en Afghanistan où l’assassinat, samedi, d’un des Vice-Présidents augure mal de l’avenir. L’Asie du Sud-Ouest ne sort pas de l’instabilité. Elle y entre, pendant que le Proche-Orient, entre deux attentats palestiniens et deux opérations de représailles israéliennes, ajoute une nouvelle inconnue à son équation. Question : Yasser Arafat, l’éternel miraculé, l’homme qui a toujours su ressusciter quand on le disait déjà mort, saura-t-il encore une fois trouver le moyen de rebondir ? On ne peut pas l’exclure mais vieux, malade, usé par une vie de guerres, il ne fait plus seulement face à un Premier ministre israélien qui s’est juré de l’éliminer de la scène politique et à un Président américain qui souhaite ouvertement son remplacement. Cela faisait déjà beaucoup mais s’ajoutent maintenant à cela le mécontentement social des Palestiniens qui lui reprochent la corruption et l’impéritie de son administration et les ambitions d’une nouvelle génération qui, croyant venu le déclin du vieux chef, joue sa succession dans un trop-plein de prétendants. Les élections israéliennes de l’automne 2003 ajouteront à cette donne une complexité supplémentaire mais la région entière risque, de surcroît, d’être bouleversée par l’offensive que les Etats-Unis préparent contre Saddam Hussein. C’est le grand point d’interrogation d’une année qui sera également marquée, en Chine, par un changement de titulaires aux premiers postes de l’Etat et, en Europe, par une refonte des institutions de l’Union et son élargissement à dix nouveaux membres. L’incertitude dominera 2003, sauf pour ce qui est des désaccords entre les Etats-Unis et l’Europe. Ils s’approfondiront.

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