Le 16 juin, dans quelques jours, ouvrira à Shanghai un immense parc Disney qui a nécessité huit milliards de dollars d'investissements.

Ce matin, direction la Chine pour une guerre un peu particulière : la guerre des Mickeys... Alors, qu'est-ce que c'est ?

Le 16 juin, dans quelques jours, ouvrira à Shanghai un immense parc Disney qui a nécessité huit milliards de dollars d'investissements. Tout est prêt, les attractions ont été testées, les costumes essayés, on n'attend plus que Mickey. Mais un homme a décidé de ruiner ce bel ordonnancement américain. Il s'appelle Wang Jianlin, il est milliardaire et il vient d'investir trois milliards dans un parc d'attraction concurrent, dans le sud du pays cette fois : Wanda City. Et pour que les choses soient bien claires, il explique qu’un « tigre ne peut rien contre une meute de loups ». Le tigre, c'est Disney, la meute de loups, c'est la vingtaine de parcs Wanda qu'il compte ouvrir partout en Chine. La guerre est totale pour gagner les cœurs des enfants chinois et, évidemment, M. Wang la joue locale : à Wanda city il y a des dragons, des forêts de bambous, des montagnes russes – pardon chinoises - et des commerces en forme de théière.

Difficile tout de même de se battre à armes égales avec la Reine des neiges ou Donald Duck ... C'est même si vrai que Disney a cru repérer une Blanche-Neige dans les allées de Wanda City et a donc décidé de porter plainte. Et pour l'ouverture, il y a un mois, des soldats de l'Empire de Star Wars ont paradé entre les dragons chinois. En clair, difficile même en Chine d'échapper au « soft power » américain. Qu'est-ce que c'est que le « soft power » ? C'est la capacité d'influence d'un pays autrement que par la violence ou la coercition : la culture, les médias, les films. La France a ses « alliances françaises », ses lycées français de l'étranger, ses 80 millions de touristes annuels, sa langue, sa gastronomie et même sa littérature. Les Etats-Unis ont CNN, le rock, l'anglais, Mickey, donc, et évidemment Hollywood. Donc dans cette guéguerre pour les cœurs et les âmes de la classe moyenne chinoise, les Américains compte sur La Guerre des Etoiles, les films Marvel et leurs superhéros et la Reine des neiges...

Et les Chinois ne font rien pour contrecarrer Hollywood ? Bien sûr que si ! Pas question de laisser les Américains concurrencer le Parti Communiste chinois sans répliquer ! Première mesure : contenir l'offensive yankee. La Chine n'autorise que 34 films étrangers par an ! Mais ce n'est pas suffisant. En 2015, les studios hollywoodiens ont réalisé 2,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires en Chine. Donc, deuxième mesure : apprendre de l'adversaire. C'est-à-dire coproduire des films ou racheter des petits studios en mal de capitaux. C'est ce qu'ils font en ce moment même. Enfin, il va falloir revoir les règles. En Chine, il est inenvisageable qu'un héros de cinéma soit plus fort qu'un membre du Parti Communiste. Comme un communiste chinois ne peut pas encore arrêter un train d'une main, pas de Superman chinois. En clair, la censure nuit à l’éclosion d’un vrai cinéma chinois concurrentiel. La bataille du « soft power » ne fait donc que commencer et les Chinois, comme toujours, ont le temps pour eux.

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