Où l'on voit que le naufrage des djihadistes n'annonce la fin ni du terrorisme ni du chaos proche-oriental...

Les membres des forces iraniennes en embuscade alors que le parlement iranien est attaqué par le groupe Etat Islamique au centre de Téhéran
Les membres des forces iraniennes en embuscade alors que le parlement iranien est attaqué par le groupe Etat Islamique au centre de Téhéran © Reuters

Quand ce n’est pas à Londres ou devant Notre-Dame, c’est à Téhéran. Daesh a frappé hier dans la capitale iranienne, un double attentat, au Parlement et au mausolée de l’imam Khomeiny, lieu le plus sacré de ce régime où repose son fondateur.

Le message est clair : tous ceux qui s’opposent à ce mouvement que ce soit directement, comme les Occidentaux et les pays sunnites, ou indirectement, comme l’Iran chiite qui soutient militairement et financièrement Bachar al-Assad, s’exposent à des représailles, d’autant plus régulières, que Daesh est désormais sur la défensive.

Mossoul dont il avait fait sa capitale irakienne n’est plus loin de tomber.

Rakka, sa capitale syrienne, est confrontée depuis lundi à une offensive terrestre de milices kurdes et arabes qu’appuient les aviations de la coalition arabo-occidentale.

Dos au mur, Daesh n’est plus loin d’être défait, c’est une question de mois, et tente donc de semer la panique chez ses adversaires dans l’espoir que les opinions européennes se retournent et fassent poser les armes à leurs gouvernements.

Cela sera vain. Par la barbarie de ses attentats, Daesh est au contraire en train de renforcer la détermination de tous ceux qui le combattent et il y a déjà plusieurs leçons à tirer de cette stratégie désespérée d’un perdant aux abois.

1/ l’Iran n’est pas un Etat terroriste

La première est que, contrairement à ce que martèlent Donald Trump et les pays sunnites, Arabie saoudite en tête, l’Iran n’est pas un Etat terroriste. L’Iran est la première des forces de déstabilisation du Proche-Orient dont il voudrait devenir la puissance dominante. L’Iran agite et organise, avant tout au Liban, les minorités chiites de la région afin de se projeter au-delà de ses frontières. Par son soutien à Bachar al-Assad, l’Iran est le premier responsable de l’ampleur du drame syrien. On peut lui reprocher beaucoup de choses mais certainement pas de soutenir Daesh, mouvement sunnite qui lui est si totalement opposé qu’il vient de frapper sa capitale.

2/ le groupe Etat Islamique perd de la force

La deuxième leçon de ces attentats est que Daesh n’est pas seulement en recul au Levant mais perd également de son attrait politique et de ses capacités logistiques car que dire d’un mouvement qui ne recrute plus que des paumés dont les seules armes sont des véhicules lancés contre des passants, des couteaux et maintenant un marteau ?

De tels gens font beaucoup de mal et continueront d’en faire, à un rythme malheureusement soutenu, mais ils ne sont rien d’autre que les soldats perdus d’une armée en déroute.

Fin du chaos au Proche Orient avec la fin de Daesh ?

Daesh n'a plus rien de la force qu'il fut mais est-ce à dire que le Proche-Orient pourrait bientôt sortir de son chaos ?

La réponse serait « oui » si Daesh y était le principal problème mais ce n’est pas le cas. Si terrifiant et sanguinaire qu’il soit, Daesh n’est qu’un épiphénomène à côté de la rivalité entre les deux religions de l’islam, chiite et sunnite, et leurs chef de file iranien et saoudien.

Cette guerre-là, la vraie, n’a fait que commencer et tout semble dire qu’elle est partie pour devenir une guerre de cent ans, tout aussi épouvantable que les guerres de religion qui avaient déchiré l’Europe.

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