Jamais les relations n’ont été aussi tendues non seulement entre la France et les Etats-Unis mais entre les Etats-Unis et l’ensemble de leurs alliés

Donald Trump
Donald Trump © AFP / Nicholas Kamm

Ça tombait en rafales. D’Ottawa où il s’était concerté avec le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, avant l’ouverture, aujourd’hui, du G7 au Québec, Emmanuel Macron a d’abord lancé que « si les Etats-Unis allaient vers l’isolationnisme, l’hégémonie brutale, ce serait mauvais pour les Etats-Unis ». 

       Puis le président français a jugé que « la volonté commune était de trouver un texte signé par les sept mais que cette volonté ne devait pas être plus forte que nos exigences » et sèchement ajouté : « Peut-être qu’il est aujourd’hui égal au président américain d’être isolé mais, nous, ça nous est aussi égal d’être à six, si besoin était ». 

D’une phrase à l’autre, le ton montait. 

« On ferait une erreur, a encore dit Emmanuel Macron, en disant qu’on est prêt à renoncer à tout, à ne plus dire qu’on tient à l’accord de Paris, au climat, au commerce ». Là, le revolver était sur la table et pour que son propos soit sans ambigüité, il a rappelé que le marché des six autres pays du G7 était plus grand que le marché américain », ce qui est l’exacte vérité. 

       Bien qu’il soit encore à construire, le président français a posé, par cette phrase, un rapport de forces et on l’a entendu demander, d’abord, « quelle crédibilité aurait un accord entre Trump et la Corée du Nord si l’on détricote en même temps l’accord nucléaire iranien » ; rappeler, en deuxième lieu, que « nul d’entre nous n’était éternel » pour dire que Donald Trump ne l’était pas et annoncer enfin que les dirigeants européens du G7 se concerteraient ce matin, à son invitation, avant de s’entretenir avec le président américain.

       Alors inutile d’éplucher les archives ou d’interroger les témoins des temps passés. Jamais, pas même lorsque le général De Gaulle sortait du commandement intégré de l’Otan ou pourfendait l’intervention américaine au Vietnam, les relations n’auront été aussi tendues, distantes, amères et compromises, non seulement entre la France et les Etats-Unis mais entre les Etats-Unis et l’ensemble de leurs alliés, européens, japonais et canadien. 

Ce n’est plus le G7. C’est le G6 +1, le G6 d'une part et les Etats-Unis de l'autre, et Emmanuel Macron – ce sont là des mots essentiels – en a tiré la conclusion en estimant que la position américaine « permettait de reforger l’Europe » et même de « renforcer l’accord entre les 6 et de construire une alliance plus large pour éviter que le monde ne soit déstabilisé ». 

Voulait-il dire, par-là, qu’il fallait maintenant un rapprochement, une entente négociée entre l’Europe et d’autres, la Chine, le Japon, l’Inde, voire la Russie ?

Peut-être et pourquoi pas d’ailleurs mais ce qui s’entendait clairement était – on l’a souvent dit dans cette chronique – qu’à force de tout déstabiliser, Donald Trump s’affirmait en père refondateur de l’Europe. 

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.