C’est du monde entier que le téléphone a sonné, hier, au bureau de François Hollande où l’ambassadeur de Chine lui a porté un message de son président. Après les dirigeants de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de l’Allemagne qui s’étaient manifestés dès dimanche soir, ce sont notamment ceux de l’Italie, du Canada, du Japon, d’Israël, de Palestine et d’Algérie, les souverains marocain et belge et, bien sûr, les présidents de l’Union européenne – ceux du Conseil, de la Commission et de l’eurogroupe – qui ont appelé le nouveau président français qui aura passé sa journée à s’entretenir avec eux.

C’était l’affluence et son ampleur était exceptionnelle car le monde fait face à tant d’interrogations qu’il avait besoin de très vite savoir ce que serait désormais la politique de la France. Il y a les crises de la Syrie où le plan de paix de l’Onu échoue comme prévu, de l’Iran avec lequel les possibilités de compromis sur la question nucléaire restent brumeuses, du Sahel, maintenant, sur lequel pèse la double menace de la reconstitution d’un foyer terroriste et d’un ébranlement des frontières africaines.

Sur aucun de ces dossiers où la France est en première ligne, François Hollande ne devrait marquer de grand changement par rapport à Nicolas Sarkozy mais il entend, en revanche, rappeler les troupes françaises d’Afghanistan avec un an d’avance, exprimer de nouvelles exigences commerciales et monétaires dans les relations avec la Chine et redéfinir, avant tout, les politiques de l’Union européenne, d’une des deux premières puissances économiques du monde.

C’est le dossier chaud, devenu brûlant en un jour car il n’échappe à aucune capitale que les élections italiennes, grecques et françaises d’avant-hier ont exprimé un refus croissant de la politique du tout austérité en Europe. En France, c’est d’abord la montée du chômage qui a privé Nicolas Sarkozy d’un second mandat. En Italie, les municipales partielles ont envoyé un premier avertissement à Mario Monti en faisant progresser la gauche qui soutient sa politique de redressement mais souhaite l’étaler dans le temps pour en adoucir la dureté. En Grèce enfin, maillon faible de la zone euro, les électeurs se sont si spectaculairement détournés des deux grands partis de droite et de gauche, ceux qui avaient du accepter l’amère potion de la chancelière allemande, que le pays en est devenu totalement ingouvernable. La droite n’a pas mis une journée à renoncer à former un gouvernement et il y a peu de chances que la gauche de la gauche, désormais deuxième parti grec, y parvienne aujourd’hui.

Depuis dimanche, la Grèce est un point d’interrogation alors même que l’économie espagnole continue de s’essouffler. C’est ainsi que François Hollande est, d’un coup, devenu un acteur essentiel de la scène internationale où toute la question est de savoir s’il parviendra ou non à faire accepter à Mme Merkel qu’une politique de relance accompagne demain les mesures de redressement budgétaires en Europe. Le monde entier le souhaite car la raison le demande. C’est l’atout du nouveau président. Il est décisif et, sans doute, décisionnel mais cela reste à faire.

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