La poudrière asiatique

C’est l’Europe des siècles passés. Comme l’Europe n’avait cessé de se déchirer entre ses grandes puissances qui cherchaient toutes à s’assurer une prééminence sur les autres, l’Asie devient aujourd’hui le continent de tous les dangers.

Dernière tension en date, les nouveaux tirs de missiles auxquels a procédé, lundi, la Corée du Nord ont accéléré le déploiement d’un système américain de protection anti-missiles en Corée du Sud. Les premiers éléments en ont été livrés hier à Séoul. Les Etats-Unis accroissent ainsi leur présence en Asie. Ils le font avec de bonnes raisons puisque les missiles nord-coréens visaient leur allié japonais qui s’inquiète toujours plus de ces gesticulations de Pyongyang.

Les Etats-Unis sont d’autant plus fondés à déployer ce système de protection que la Corée du Nord se dote tout à fait ouvertement d’un programme nucléaire. Dirigé par un dictateur fou, ce pays pose un vrai problème de sécurité dont aucune capitale au monde ne sous-estime la gravité mais, nécessité ou pas de parer ce danger, la Chine voit d’un très mauvais œil l’armée américaine se rapprocher de ses frontières parce qu’il y a longtemps que les Etats-Unis l’ont désignée comme leur principale rivale et que Donald Trump a fait d’elle sa principale obsession.

De plus en plus désengagés d’Europe et du Proche-Orient, les Américains reportent tout leur effort militaire vers l’Asie pour y contrer la Chine. Les 54 milliards de dollars supplémentaires que Donald Trump entend allouer au Pentagone vont essentiellement servir à développer les capacités de leur marine qui sera ainsi plus en mesure d’intervenir en Mer de Chine méridionale, une zone par laquelle transite près du tiers du trafic maritime international et qui est en quasi-totalité revendiquée par Pékin malgré les protestations de cinq autres pays riverains qui ont également des droits à faire valoir sur elle.

Année après année, mois après mois maintenant, cette mer devient l’un des points chauds du globe car la Chine transforme ses îlots inhabités en autant de bases militaires. Un bras de fer s’y dessine entre la Chine et les Etats-Unis mais également entre la Chine et le Japon. Il n’y a, autrement dit, pas que la Corée du Nord qui ne fait que se surajouter à l’inquiétude que la montée en puissance de la Chine suscite chez tous ses voisins.

La guerre n’est heureusement pas une certitude en Asie mais elle y est toujours plus envisageable pour six raisons.

Presque sans exception, la Chine fait peur à tous ses voisins. Le nationalisme est extrêmement élevé dans les pays asiatiques. L’Inde et le Pakistan sont en guerre rampante depuis le retrait britannique et la division du sous-continent. La Chine, l’Inde, le Pakistan et la Corée du nord sont des puissances nucléaires. Comme l’Europe des siècles passés, l’Asie est très loin d’avoir trouvé un équilibre entre ses puissances et les Etats-Unis ne veulent pas laisser la Chine dominer ce continent renaissant car cela ferait d’elle la première puissance du monde, en lieu et place de l’Amérique.

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