Démissions en série et incohérences diplomatiques, la plus totale anarchie règne à la Maison-Blanche

Et de quinze ! Au quatorzième mois de son mandat, Donald Trump vient de perdre un quinzième conseiller, Gary Cohn, son conseiller économique, qui a préféré démissionner plutôt que de devoir approuver les mesures de taxation des importations d’aluminium et d’acier que le président américain entend prendre. 

         Donald Trump pourrait passer à l’acte dès aujourd’hui. Il pourrait aussi temporiser ou même abandonner cette idée comme l’Europe, la Chine, le Mexique, le Canada, 99% des économistes et sa propre majorité, les élus républicains du Congrès, l’abjurent de le faire. On ne sait pas mais la certitude est que le protectionnisme serait la plus merveilleuse des choses s’il était unilatéral et non pas réciproque. 

Vous taxez les importations qui affaiblissent vos industries ? Bravo ! Formidable ! Vous défendez là l’emploi de vos concitoyens et électeurs. Quoi de plus normal ? Quoi de mieux sauf… Sauf que les pays dont les industries sont ainsi lésées taxent à leur tour ce que vous exportez chez eux et lèsent, à leur tour, vos propres industries. Le cercle est vicieux car, d’une mesure de rétorsion à l’autre, chacun finit par se murer et tuer les échanges commerciaux dont dépend la croissance de tous. 

Ca sonne bien le protectionnisme. Ca sonne évidence, bon sens et protection mais ce n’est en réalité qu’un poison, d’abord lent puis foudroyant. Contrairement à ce que Donald Trump disait ce week-end les guerres commerciales ne sont ni bonnes ni faciles à gagner. Elles ont souvent été cause de guerres tout court et si l’on n’en est heureusement pas là, l’Union européenne a déjà préparé ses ripostes, au cas où. 

Or les 27 pays de l’Union européenne, comme le Mexique et le Canada, sont de proches alliés des Américains, des alliés de toujours, et l’on voit là que la Maison-Blanche de Donald Trump n’est pas qu’un foutoir mais également l’artisan d’une débâcle internationale des Etats-Unis. 

On en part, on la fuit, soit parce qu’une Commission d’enquête vous rattrape, soit parce qu’on échoue à raisonner le président, soit encore parce qu’il est tout simplement impossible d’exercer des responsabilités politiques aussi grandes auprès d’un homme aussi totalement imprévisible, incapable de lire un dossier ou même d’en entendre le résumé et qui ne sait fondamentalement que tweeter des inepties et regarder Fox news ce qui n’élève que rarement votre niveau intellectuel. 

 M. Trump sait virer ses collaborateurs mais diriger, non, il ne sait pas et tandis qu’il tweete et que la Maison-Blanche se vide, comme le département d’Etat d’ailleurs, l’Amérique se fâche avec ses alliés, est absente du drame syrien, joue les incendiaire avec son ambassade en Israël, se laisse doubler par Pyongyang dans la crise coréenne et reste  bouche, oreilles et yeux fermés, devant le revanchisme de M. Poutine.

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