Tout pronostic demeure hasardeux...

A la veille de l’ouverture des bureaux de vote, Hillary Clinton avait repris une avance dans les sondages qui l’a déjà conduite à se poser en rassembleuse d’une nation divisée mais cela ne lui garantit pas la victoire.

La seule certitude est l’évidence que ce sera l’un ou l’autre. Si c’est Donald Trump, rendez-vous demain matin mais imaginons aujourd’hui que Mme Clinton devienne ce soir la prochaine présidente des Etats-Unis, la première femme à occuper ce poste. La question est alors de savoir ce qu’elle pourrait en faire et il y a, là, deux hypothèses.

Dans la première, les Républicains conservent leur majorité aux deux chambres du Congrès et, Maison-Blanche ou pas, la présidente ne pourrait qu’attendre des jours meilleurs, dans deux ans, aux élections parlementaires de mi-mandat. Dans la deuxième, les Républicains conservent la Chambre des représentants mais perdent le Sénat et, dans ce cas, non seulement Mme Clinton peut s’appuyer sur les plus modérés des Républicains pour sceller des compromis avec le Congrès mais son autorité est renforcée par la zizanie qui s’ensuivrait chez les conservateurs.

Dans cette seconde hypothèse, il est presque inévitable que le parti républicain se déchire sur l’analyse de sa défaite présidentielle et sénatoriale et offre à la présidente la possibilité de tenir ses promesses de grands travaux d’infrastructure, devenus vraiment nécessaires tant les Etats-Unis souffrent du constant ralentissement de leurs investissements publics.

Le lancement de ces grands travaux profiterait à la croissance et l’emploi. Les Démocrates en seraient renforcés tandis que les Républicains auraient bien du mal à continuer à dire que « l’Etat n’est pas la solution mais le problème ». Ce serait le retour en grâce du keynésianisme après 35 années de domination des idées libérales mais on n’y est pas car, s’il n’est plus improbable que Mme Clinton l’emporte ce soir, la bataille du Sénat, elle, demeure plus qu’incertaine.

On verra mais, en tout état de cause, les résultats de ce jour d’élections aux Etats-Unis pèseront lourd dans l’ensemble du monde occidental.car, des deux côtés de l’Atlantique, les situations politiques sont aujourd’hui les mêmes.

Marine Le Pen, Donald Trump et Bernie Sanders hier en sont le signe. Américains et européens, les grands partis occidentaux sont en crise, en déphasage avec la majeure partie des électeurs tandis que de nouvelles forces s’affirment à la gauche de la gauche comme à la droite de la droite.

Il y a partout un rejet des politiques de restriction budgétaire, une crainte des accords de libre-échange et une peur de l’immigration.

On sort d’une époque et c’est si vrai que les têtes pensantes du Parti démocrate observent aujourd’hui avec une incroyable attention les dynamiques à l’œuvre dans la gauche et la droite françaises. L’Amérique et l’Europe n’ont jamais été aussi semblables – ce qui n’est pas plus une bonne nouvelle pour l’une que pour l’autre.

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