Petit tour ce matin des têtes couronnées de la planète...

Une diffusion d'un discours d'Akihito, l'empereur actuel du Japon
Une diffusion d'un discours d'Akihito, l'empereur actuel du Japon © Getty / Bloomberg / Contributeur

Ce matin, c'est la future abdication de l'empereur du Japon qui a retenu votre attention...

Ce n'est pas tout les jours qu'un empereur annonce qu'il souhaiterait abdiquer en ce début de XXIe siècle. Et pour deux bonnes raisons : la première, c'est que des empereurs, il n'y en a plus qu'un au monde : Akihito, donc.

Et la seconde raison, c'est qu'il n'a pas le droit d'abdiquer. La loi japonaise qui régit la maison impériale prévoit la mort du souverain mais pas son retrait. Conclusion, le vieil empereur de 82 ans n'a pu qu'exprimer son souhait personnel de se retirer.

A charge pour le 1er ministre japonais, Shinzo Abe, d'exaucer le souhait de « Sa Majesté l'Empereur ». Ah oui, parce que les Japonais ne l'appelle que comme cela. L'habitude des Occidentaux de l'appeler par son prénom, Akihito, est jugée vulgaire au Japon.

Au fait, il y a combien de monarchies dans le monde ?

On parle bien de monarchies régnantes dont le souverain est chef(fe) d'Etat. J'ai compté 26 monarques, dont certains très exotiques, comme le roi du Tonga, Tupou VI, ou celui du Swaziland, Mswati III ou même François Hollande, coprince d'Andorre.

La plupart d'entre eux sont des souverains d'opérette, c'est-à-dire, selon la formule britannique, qu'ils règnent mais ne gouvernent pas. Ce qui n'empêche pas une certaine influence sur la politique de leur pays.

Philippe, le roi des Belges, par exemple, ou Philippe VI, celui d'Espagne, ont de vraies tâches politiques : ce sont eux qui suscitent ou facilitent la formation des gouvernements de coalition.

Après les dernières élections de décembre 2015, Philippe VI d'Espagne n'a pas désigné le leader du parti qui avait obtenu le plus de sièges au parlement, mais le socialiste Pedro Sanchez, arrivé second, parce qu'il avait plus de chances de former une majorité.

Vous parlez d'influence mais dans un cadre constitutionnel : le vrai anachronisme, ce sont les monarchies absolues...

Vous avez raison ! Il en reste un petite dizaine dans le monde : de l'Arabie Saoudite, le seul pays au monde qui porte officiellement le nom de la dynastie qui le dirige, au sultanat de Bruneï, en passant par la Jordanie, le Vatican ou le Lichtenstein.

Le Vatican, ça étonne toujours mais le pape est élu parmi les cardinaux, c'est-à-dire les princes de l'Eglise. Sa parole est infaillible et son pouvoir sans partage. C'est exactement la définition d'une monarchie absolue, qui plus est de droit divin, par définition.

La question est plutôt : les monarchies ont-elles encore un sens en ce début de XXIe siècle ?

Ca va peut-être vous étonner de la part de quelqu'un qui est, comme moi, résolument républicain mais... Oui, elles font encore sens.

Prenez le Proche Orient par exemple : tous les régimes républicains, dictatoriaux, militaires de la région ont connu des guerres civiles, des soulèvements printaniers ou des troubles plus ou moins graves.

Tous...sauf les monarchies, et pas seulement parce qu'elles sont gorgées de pétrodollars : la Jordanie n'a pas cette chance et pourtant, elle est d'une rare stabilité dans ce monde troublé. Idem pour le Maroc qui tangue et ploie mais ne rompt pas.

Cette stabilité dont on parle souvent pour caractériser les monarchies, n'est pas qu'un lieu commun. C'est si vrai qu'en Afrique, les Etats issus de la décolonisation ont souvent tenu à conserver les monarchies traditionnelles en leur sein.

Ce qui fait d'ailleurs de l'Afrique le champion toute catégorie du nombre de monarques, rois, reines et princes : on en compte plus d'un millier, dont le plus jeune roi du monde : Rukidi IV du royaume de Toro, en Uganda : 24 ans tout juste en roi depuis 1995.

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