Le nouveau recours syrien aux armes chimiques unit Européens et Américains contre Damas et Moscou

Américains et Européens, s’apprêtent à frapper le régime syrien. Peut-être même est-ce déjà en cours puisque plusieurs missiles se sont abattus cette nuit sur un aéroport de l’armée de Bachar al-Assad. Peut-être ces tirs ne sont-ils, au contraire, pas liés aux Occidentaux comme l’affirment les Etats-Unis mais, dès maintenant, dans la journée ou dans les jours à venir, il y aura une riposte occidentale coordonnée à ce que l’on considère, des deux côtés de l’Atlantique, comme un nouvel emploi, samedi, d’armes chimiques par le pouvoir de Damas. 

        Parlant de « violations continues des droits de l’homme » par le régime syrien, Donald Trump et Emmanuel Macron se sont prononcés il y a quelques heures pour une « réponse forte et commune ». « L’évidence témoigne d’une nouvelle attaque chimique de la part du régime » », avait auparavant déclaré l’Union européenne en appelant à « une réaction immédiate de la communauté internationale » et ces mots ont un sens. 

Français, Américains et Britanniques, tout le dit, vont faire ce qu’ils n’avaient pas fait en 2013 lorsqu’un premier recours à l’arme chimique par Bachar al-Assad, à la Ghouta orientale déjà, était resté impuni parce que le Royaume-Uni puis les Etats-Unis s’étaient désisté alors que les moteurs d’avion tournaient déjà. 

Barack Obama et David Cameron, le Premier ministre britannique de l’époque, avaient alors décidé de ne pas intervenir quand il l’aurait fallu après que leurs pays furent intervenus, en Irak, quand il aurait fallu ne pas le faire. C’est ce jour-là que Vladimir Poutine avait compris que la Russie avait la possibilité d’opérer un retour au Proche-Orient. En termes d’horreurs, de morts et de flots de réfugiés, l’abstention de 2013, la lâcheté de 2013, fut la grande erreur que les Syriens et le monde n’ont pas fini de payer mais là, c’en est trop. 

A Washington comme dans les capitales européennes, on sent une fureur froide car, en ayant de nouveau recours aux armes chimiques alors qu’il a gagné la partie à la Ghouta et s’apprête à attaquer deux autres poches de résistance de l’insurrection, le régime syrien manifeste un absolu mépris de toute recherche d’un compromis politique avec l’opposition.

        J’ai gagné et allez vous faire voir, dit ainsi Bachar al-Assad, et il le fait alors que ses alliés russes, deuxième raison de la fureur occidentale, viennent d’utiliser, eux, d’autres armes chimiques, en territoire britannique, contre l’un de leurs anciens agents recruté par le Royaume-Uni. 

        Tout se passe comme si les Occidentaux avaient maintenant réalisé qu’ils n’inquiétaient plus guère le Kremlin, qu’à Moscou comme à Damas, on ne les croyait plus capables de montrer leurs muscles et qu’il était donc temps de démentir cette impression. 

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