viktor ianoukovitch se rend en chine, laissant une ukraine en pleine crise
viktor ianoukovitch se rend en chine, laissant une ukraine en pleine crise © reuters
Les europhiles ne désarment pas. Non seulement les europhiles ukrainiens n’ont pas cessé de manifester depuis que les dirigeants de ce pays ont renoncé, il y a dix-huit jours, à signer l’accord de partenariat négocié avec l’Union européenne mais, loin de s’essouffler, ces manifestations grossissent. En plein centre de**Kiev,** [le nouveau rassemblement d’hier a été un succès, drainant près de 300 000 personnes et plus de monde encore, en tout cas, que toutes les fois précédentes.](http://www.franceinter.fr/depeche-ukraine-une-nouvelle-demonstration-de-force-des-pro-europeens)**Viktor Ianoukovitch** , le président ukrainien, ne peut apparemment plus compter sur l’usure de ce mouvement et pourrait bientôt se trouver devant une alternative dont les termes sont également risqués. Soit il n’emploie pas la force contre les manifestants au risque d’encourager plus de gens encore à descendre dans la rue, soit il ordonne aux forces de l’ordre de sévir et peut alors déclencher un mouvement d’indignation nationale et une tempête de protestations internationales qui pourraient bien décupler les cortèges. La voie devient étroite pour ce pouvoir et cela signifie qu’une crise majeure menace maintenant d’éclater au cœur même du continent européen, une crise d’autant plus inquiétante qu’elle est beaucoup plus complexe et confuse qu’il n’y paraît. **L’Ukraine** , tout d’abord, n’est pas unanime dans son désir de s’arrimer à l**’Union** . Celle des villes, de la jeunesse et des classes moyennes le souhaite ardemment parce qu’elle veut affirmer son choix de l’état de droit et de la démocratie. Celle des campagnes et des industries traditionnelles héritées de l’Union soviétique considère, au contraire que ses débouchés économiques sont en Russie et qu’elle aurait beaucoup à souffrir d’une mise aux normes européennes. Si cette crise s’amplifiait, c’est donc vers des déchirements internes et un fractionnement de ce pays qu’on pourrait aller, avec tous les dangers que cela comporterait pour la stabilité du continent tout entier. **L’Union européenne,** en second lieu, est profondément ambiguë dans cette affaire. Certains de ses membres, comme la Pologne et la Suède, voulaient à tout prix amorcer une future intégration de l’Ukraine à l’Union alors que bien d’autres des pays européens ne voyaient pas là de priorité. L’Union est autrement dit prête à un rapprochement avec ce pays mais elle n’entend nullement en payer le prix en termes d’aides à la modernisation et de compensations pour les pertes sur le marché russe. Tout autant que les pressions du Kremlin, cela explique le retournement des dirigeants ukrainiens et, sauf à se montrer malhonnête et irresponsable, l’Union ne peut donc pas se solidariser autant qu’elle le fait des europhiles ukrainiens sans s’engager à faire autant d’efforts pour l’Ukraine qu’elle en avait autrefois fait pour l’Espagne et le Portugal. Or le problème est qu’elle ne le peut guère car ses propres difficultés économiques ont vidé ses caisses et qu’elle n’a pas forcément envie d’un bras de fer avec la Russie. L’Union a un choix à faire. C’est un choix difficile mais elle doit choisir car elle ne peut pas encourager les espoirs des manifestants ukrainiens si elle n’est pas vraiment prête à accueuillir leur pays dans ses rangs. ### Aller plus loin : [Ukraine : nouvelle démonstration de force des pro-européens](http://www.franceinter.fr/depeche-ukraine-nouvelle-demonstration-de-force-des-pro-europeens) sur le site de France Inter [Sur le même site : Moscou dément des rumeurs d'accord avec l'Ukraine](http://www.franceinter.fr/depeche-moscou-dement-des-rumeurs-daccord-avec-lukraine) [En savoir plus sur l'Ukraine sur le site de Courrier International](http://www.courrierinternational.com/fiche-pays/ukraine)
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.