Ce n’est pas officiellement confirmé, ni par Israël, ni par l’Autorité palestinienne, ni par les Etats-Unis. Comme tant de fois, cet espoir peut donc être déçu mais, après quinze jours de rumeurs concordantes, un haut responsable palestinien a indiqué, hier, à l’Agence France Presse, que des pourparlers indirects entre Israéliens et Palestiniens s’ouvriraient le 20 février prochain. Les délégations ne seront pas face à face mais dans des pièces séparées. C’est le représentant spécial des Etats-Unis pour le Proche-Orient, Georges Mitchell, qui fera la navette entre elles car le président palestinien, Mahmoud Abbas, refuse de reprendre des pourparlers directs tant qu’Israël n’aura pas suspendu ses constructions dans l’ensemble des Territoires occupés, Jérusalem-est comprise. Il s’agit là d’un point hautement sensible pour les deux parties puisque les Palestiniens ne veulent pas d’un accord de paix qui ne leur restituerait pas les quartiers arabes de la ville alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ne veut pas, lui, sembler s’engager sur un partage de Jérusalem qui ne pourrait être, à ses yeux, et il ne le dit même pas officiellement, qu’un aboutissement des négociations et non pas constituer un préalable à leur ouverture. Benjamin Netanyahu ne veut pas risquer un éclatement de sa coalition avec l’extrême droite tant qu’un éventuel progrès des pourparlers ne lui aura pas permis de trouver de nouveaux alliés au centre. Mahmoud Abbas, pour sa part, ne veut pas sembler renoncer à Jérusalem de peur d’être accusé de traîtrise par les plus radicaux des Palestiniens. C’est ce qui explique cette étrange régression des pourparlers indirects alors qu’Israéliens et Palestiniens sont en contacts directs et permanents depuis près de 20 ans mais, sur le fond, les Etats-Unis pourraient bien avoir fait avancer les choses. Au prix de cette contorsion formelle, les deux parties devraient débattre pendant trois mois des frontières de l’Etat palestinien dont Benjamin Netanyahu a accepté le principe en juin dernier sans que son parti ni sa coalition n’en explosent. En parallèle à ces discussions, à la demande des Etats-Unis, Israël devrait libérer des prisonniers palestiniens, transférer le contrôle de nouvelles zones à l’Autorité palestinienne, cesser ses incursion dans celles qu’elle contrôle déjà, permettre l’entrée de matériaux de construction à Gaza et autoriser la réouverture de bureaux palestiniens à Jérusalem. Pour la suite, on ne sait pas. Des plus roses aux plus sombres, tous les scénarios sont possibles mais, à ce stade, trois choses sont à retenir. Tous les grands partis israéliens acceptent, désormais, l’idée de la solution à deux Etats. Israël craint aujourd’hui moins la création d’un Etat palestinien que la menace iranienne et ne veut donc pas laisser se dégrader ses relations avec les Etats-Unis. Loin de renoncer à parvenir au règlement de ce conflit, Barack Obama non seulement n’a pas lâché prise mais va directement engager la crédibilité américaine dans ces pourparlers indirects. S’ils s’ouvrent réellement, si cet espoir n’est pas déçu, qui sait ? Peut-être…

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