Cette sanglante offensive paraît tirer à sa fin. « C’est une question de jours, trois à cinq au maximum », me disait hier un diplomate israélien haut placé et trois raisons incitent à le croire. La première est que les Israéliens, quoi qu’ils en disent, ne pourront plus longtemps se permettre de poursuivre leurs bombardements sans aller au devant d’une vraie fracture avec l’opinion internationale et risquer, surtout, d’être contraints d’arrêter leurs frappes par la résolution que le Conseil de sécurité vient d’adopter, sans la voix mais avec le soutien des Etats-Unis. La deuxième est que tout laisse penser que des progrès ont été faits, hier, au Caire où s’était rendue une délégation israélienne afin d’étudier les modalités techniques et politiques de l’installation, par l’Egypte, d’un système de surveillance de sa frontière avec Gaza destiné à empêcher le passage clandestin des armes iraniennes livrées au Hamas. Cette délégation a été reçue, dès son retour à Jérusalem, par le Premier ministre Ehud Olmert. La rumeur d’un très prochain sommet israélo-égyptien, dimanche peut-être, court avec de plus en plus d’insistance et, signe de l’avancée des discussions, l’Egypte aurait posé une condition logique à la sécurisation de sa frontière. Si vous voulez que nous puissions y veiller, aurait-elle dit aux Israéliens, vous devez accepter, pour votre part, la levée de la démilitarisation du Sinaï, l’une des clauses essentielles de l’accord de paix israélo-égyptien de 1979. En gage de confiance, les deux parties s’étaient alors engagées à ne pas stationner de troupes à leur frontière, notamment pas à la frontière de Gaza qui était, à l’époque occupée par Israël, mais les Egyptiens font aujourd’hui valoir qu’ils ne peuvent pas mettre terme à la contrebande des armes iraniennes dès lors qu’ils n’ont pas de soldats sur place. Non seulement l’argument est difficilement récusable mais, si Hosni Moubarak, le président égyptien, obtenait ainsi le plein rétablissement de la souveraineté égyptienne sur le Sinaï, il aurait beaucoup moins de mal à faire admettre par son opinion que l’Egypte prête la main à Israël, contre le Hamas, dans le cadre de ce qui est devenu une lutte commune des capitales arabes et d’Israël contre les islamistes et l’Iran. La dernière et non la moindre raison d’espérer une cessation des hostilités est, enfin, que les Israéliens estiment, désormais, avoir atteint leur but de guerre en ayant assez affaibli le Hamas pour qu’il ne puisse plus poursuivre ses tirs sur leur territoire et développer leur portée. C’est si vrai que, dès mercredi, Ehud Barak et Tzipi Livni, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, plaidaient pour un arrêt des hostilités auprès d’Ehud Olmert, leur Premier ministre, qui ne s’y était opposé, indique-t-on de bonne source, que parce qu’il souhaite obtenir, avant, cet engagement de l’Egypte sur la sécurisation de la frontière avec Gaza. Il y aura d’autres morts. Les armes ne se sont pas tues mais peut-être est-on non seulement à la veille d’un arrêt de ce bain de sang mais aussi d’une profonde modification du paysage proche-oriental.

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